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Liban. Accès aux soins. Hermel.

Liban

« Tout ce que je voudrais, c'est pouvoir vivre décemment »

Fatima est assise devant la maison de ses beaux-parents, où elle vit avec son mari et sa fille unique, à Hermel, dans le nord de la vallée de la Bekaa. Liban, décembre 2020. © Karine Pierre/Hans Lucas pour MSF
Témoignages 
Un nombre croissant de Libanais ont frappé aux portes des cliniques MSF au cours de l'année dernière, incapables de continuer à couvrir leurs frais médicaux. Dans la clinique MSF à Hermel, dans la partie nord de la vallée de la Bekaa, le nombre de patients libanais atteints de maladies chroniques qui ont sollicité nos services a plus que doublé entre 2019 et 2020. Découvrez l'histoire de Fatima, une Libanaise âgée de 58 ans qui vit à Hermel et souffre de graves complications dues au diabète.

    Fatima vit à Hermel, dans la partie nord de la vallée de la Bekaa, avec son mari et sa fille unique. Ils ne peuvent pas se permettre d'avoir leur propre logement, ils doivent donc partager une chambre dans la maison de sa belle-famille.

    Pour cette Libanaise de 58 ans, qui souffre de graves complications dues au diabète, tenir le coup, jour après jour, est devenu un véritable défi. 

    « Nous avons toujours été pauvres, mais au moins, avant, on s’en sortait, explique Fatima. Il y a deux mois, mon mari a perdu son travail dans un magasin de légumes. Comme il y avait moins de clients, ils l'ont licencié. Avant, je travaillais comme femme de ménage, mais je ne peux plus travailler parce qu'on m'a diagnostiqué un diabète il y a cinq ans et depuis, ma santé s'est beaucoup dégradée. J'ai perdu la vue des deux yeux et j'ai développé une grave infection au pied qui m'empêche de marcher. J'ai toujours besoin d’Hiba, ma fille, pour m’aider. J’ai constamment des douleurs. Parfois, c'est insupportable.

    MSF vient me voir chez moi, pour vérifier que je vais bien et me fournit les traitements dont j'ai besoin. Sans MSF, pour mes médicaments, je devrais compter sur la charité des gens. Notre fille travaille de temps en temps dans un magasin de vêtements après l'école. C'est notre seul revenu.

    Nous mangeons surtout des lentilles, du boulgour et des pommes de terre, beaucoup de pommes de terre. Ce n'est pas un très bon régime pour mon diabète, mais c'est tout ce que nous pouvons nous permettre.

    Je ne vais pas bien, ni physiquement ni émotionnellement. Je pleure beaucoup. Je me sens coupable pour ma fille, Hiba, qui doit prendre soin de nous et assumer des responsabilités qu’elle ne devrait pas avoir à son âge. Hormis la psychologue MSF, je n'ai personne à qui parler. Je ne veux pas ajouter un fardeau sur les épaules de ma fille ou de mon mari, et le reste de ma famille vit à Beyrouth, loin d'ici. Rien de ce que à quoi je pense ne me réconforte. La crise économique a été le coup de grâce. Tout ce que je voudrais, c'est pouvoir vivre décemment. »

    MSF au Liban

    Au Liban, MSF fournit des soins médicaux gratuits aux personnes les plus vulnérables, qu’elles soient libanaises ou venant d’un autre pays. MSF est présente dans une dizaine de lieux différents à travers le pays.

    Nos activités incluent des services de santé mentale, de santé sexuelle et reproductive, de pédiatrie, de vaccination et de prise en charge des maladies non transmissibles. Avec une équipe de plus de 600 personnes, MSF effectue quelques 150 000 consultations chaque année du nord au sud du Liban.

    MSF est intervenue pour la première fois au Liban en 1976 et est présente dans le pays sans interruption depuis 2008.

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