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Nigeria

Les équipes MSF, témoins d’une crise humanitaire catastrophique au Nigéria

Communiqués de presse 
Dans le nord-est du Nigéria, des personnes extrêmement vulnérables sont prises au piège dans un cycle de violence quotidien entre l’armée nigériane et Boko Haram.

    Cette insécurité persistante a provoqué le déplacement de 1,6 million de personnes dans le nord-est du Nigéria et une crise nutritionnelle particulièrement critique. La population nigériane, victime d’une crise humanitaire catastrophique, a un besoin urgent de protection et d’assistance.

    L’urgence humanitaire dans le nord-est du Nigeria atteint des niveaux catastrophiques : 8,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire, dont environ 50% sont des enfants. Les conditions de vie terribles dans le nord-est du Nigéria reflètent l’impact dévastateur du conflit entre Boko Haram et l’armée nigériane. Malgré une forte présence militaire, l’insécurité reste grande.

    Pour exemple, le 17 janvier, au moins 90 personnes ont été tuées et 120 autres blessées dans une frappe aérienne de l’armée nigériane sur un camp de déplacés à Rann. L’armée, censée protéger les civils, les a bombardés. «La tragédie de Rann illustre la situation terrible qui prévaut actuellement au Nigéria», explique Paul Delaunois, Directeur général de MSF Luxembourg. «La population civile paie un lourd tribu à ce conflit sans merci. Elle est prise au piège de la violence et de ses conséquences. Nous voyons des milliers de personnes déplacées qui souffrent - et meurent - en raison du manque d'accès à la nourriture, l'eau et les soins médicaux.»

    4,6 millions de personnes sont dans une situation d’insécurité alimentaire et 450 000 enfants souffrent de malnutrition sévère aiguë dans le nord-est du Nigéria. Par exemple, en juin à Bama, une équipe MSF a réalisé un dépistage rapide de la malnutrition sur plus de 800 enfants, et 19% d’entre eux souffraient de malnutrition sévère aiguë. Il faut savoir qu’un taux de 10% correspond déjà à une situation d’urgence.

    Une équipe MSF a également comptabilisé 1 233 tombes qui avaient été creusées l’année passée dans un cimetière situé près d’un camp de déplacés. 480 d’entre elles étaient des tombes d’enfants. En juillet, des équipes MSF travaillant à Banki ont mené une enquête similaire pour constater qu’un enfant sur douze était décédé et qu’un sur quinze souffrait de malnutrition sévère aiguë.

    En septembre, à Ngala, c’était un enfant sur dix. Face à l’urgence, outre les soins dispensés, MSF a distribué ces trois derniers mois à Maiduguri, où plus d’un million de personnes ont fui les violences et l’insécurité, 810 tonnes de nourriture. MSF, en tant qu’organisation médicale, habituellement ne donne pas de nourriture aux personnes. Cette distribution reflète l’urgence de la situation. La crise sanitaire pourrait même être pire en 2017, sans une augmentation sensible de l’aide des organismes nationaux et internationaux. Il va falloir apporter très vraisemblablement une aide alimentaire accrue à partir de mars, quand les stocks des récoltes peu importantes de cette année seront épuisés et que débutera la période de soudure.

    Une alimentation suffisante permet de soulager la faim, mais elle donne aussi les moyens de lutter contre les infections comme le paludisme et les diarrhées plus fréquentes pendant la saison des pluies qui commence en juin. Afin d’éviter une dégradation de la situation, MSF appelle les autorités nigérianes et les agences internationales à veiller à ce que les populations soient protégées et aient accès à la nourriture, à l'eau et aux soins médicaux.

    MSF gère 11 structures de santé permanentes dans l’État de Borno dans le nord-est du Nigéria et ses équipes médicales se rendent régulièrement dans cinq autres centres de soins. MSF est très préoccupée par le sort des centaines de milliers de personnes qui sont susceptibles d’habiter des zones où les acteurs de l’aide humanitaire n’ont pas eu accès, et qui n’ont sans doute pas de nourriture, ni d’eau, ni de soins médicaux.