Deux jeunes hommes coiffent un homme âgé
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Retrouver espoir grâce à la formation professionnelle

Le lundi 4 mai 2026

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Mahmoud tient délicatement une chevelure entièrement blanche entre deux doigts, tandis que, de l'autre main, il coupe avec soin les cheveux d'un homme âgé assis sur le fauteuil du barbier. 

Au début, je ne savais pas comment tenir la machine et les ciseaux, raconte Mahmoud. Mais maintenant, j'arrive à les tenir normalement. Il y a encore des difficultés, mais quand je suis arrivé, je ne pouvais pas marcher du tout. Maintenant, ça va mieux – c'est mieux qu'avant. »

Mahmoud, un patient de 17 ans originaire de Gaza, en Palestine, est arrivé en juillet 2025 au Programme de Chirurgie Reconstructive de Médecins Sans Frontières à Amman, en Jordanie. Blessé lors d’une frappe aérienne israélienne en 2017, il bénéficie de soins spécialisés dont il a besoin pour se remettre de ses blessures.

Au cœur du Programme de Chirurgie Reconstructive réside une approche holistique de la guérison. Créé en 2006 pour soigner les blessés graves de la guerre d'Irak, le programme a depuis étendu son action au traitement des blessures liées aux conflits dans toute la région, notamment en Syrie, au Yémen, en Palestine, en Somalie et au Soudan. Bien plus qu'une simple intervention chirurgicale, la guérison est un processus : un parcours physique et psychologique semé d'embûches. Fort de ses années d'expérience dans la prise en charge des conséquences des conflits au Moyen-Orient, l'hôpital a mis au point une approche globale de la réadaptation, qui intègre la convalescence physique, le soutien psychologique et la réinsertion sociale.

Comme Mahmoud, de nombreux patients du Programme de Chirurgie Reconstructive viennent de zones de conflit intense de la région, notamment d'Irak, de Syrie, de Palestine et du Yémen. La plupart ont subi des déplacements à répétition, la perte de proches et l'effondrement de toute notion de « vie normale ». Pour eux, le chemin commence par la nécessité de retrouver un sentiment de sécurité, un but et un avenir.

Le soutien psychologique joue un rôle essentiel dans ce processus. Les psychologues travaillent avec les patients individuellement et en groupe, les aidant à surmonter leurs traumatismes et à renouer progressivement des liens avec autrui. Grâce à ces séances, les patients commencent à reconstruire la confiance, à exprimer leurs émotions et, peu à peu, à sortir de leur isolement.

Quand je suis arrivé, je restais dans ma chambre, je ne voulais parler à personne », raconte Mahmoud, qui participe au programme de formation professionnelle. 

Ce programme permet aux patients d'apprendre différents métiers pendant leur hospitalisation. Il comprend des formations en coiffure, couture et maquillage, qui, une fois validées, peuvent faciliter leur réinsertion sociale et leur offrir des perspectives économiques à leur sortie de l'hôpital.

Mon objectif est d'obtenir un diplôme, de partir et de travailler à l'étranger, explique Mahmoud. Aujourd'hui je me sens mieux, je veux devenir coiffeur et travailler en Europe. »

De petits pas mais de grands progrès

Les blessures de guerre ont souvent des conséquences à vie. De nombreux patients ne peuvent plus reprendre leur ancien emploi. Les limitations physiques, associées aux traumatismes psychologiques, rendent la réinsertion sociale extrêmement difficile. Sans soutien, cela peut entraîner une dépendance durable et à un sentiment de perte de dignité.

La formation professionnelle est un élément clé de ce parcours de rétablissement, offrant aux patients la possibilité d'acquérir des compétences pratiques adaptées à leurs capacités. Fondée sur l'humain, elle crée un espace où les personnes sont perçues au-delà de leurs blessures, et les aide à se projeter à nouveau dans l'avenir.

Grâce à cette activité, les patients et leurs aidants acquièrent des compétences pratiques et retrouvent confiance en eux et en leur autonomie, explique Emran Alawar, responsable de la formation des patients. Elle structure leur quotidien et les reconnecte à la quête de sens. La formation leur permet d'envisager l'avenir après leur sortie de l'hôpital. »

Les soins de santé mentale aident les patients à surmonter leurs traumatismes, et la formation professionnelle facilite la transition entre la guérison et l'avenir. Ensemble, ces éléments forment un continuum de soins qui va au-delà du traitement. Ils créent les conditions permettant aux patients non seulement de guérir, mais aussi de reconstruire leur vie.

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