
Santé des femmes
On estime que 99 % des femmes qui meurent en couches ou de complications liées à la grossesse vivent dans des pays en développement. La plupart de ces décès sont évitables.
Que ce soit dans un contexte de conflit, de catastrophe naturelle, d’épidémie ou dans le cadre d’un programme de lutte contre le VIH, les femmes ont besoin de soins spécifiques. La santé reproductive fait partie intégrante des soins médicaux que nous dispensons, y compris en situation d’urgence. Dans les régions où le taux de mortalité maternelle est élevé, comme en Afghanistan ou en République centrafricaine, nous avons mis en place des projets spécifiques pour prendre en charge les femmes. Les cinq principales causes de mortalité maternelle sont les hémorragies, la septicémie, les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions, les complications liées à l’hypertension artérielle et les accouchements difficiles.
Nos activités en 2025 —
naissances assistées, y compris par césarienne
Réduire la mortalité maternelle
La plupart des décès maternels surviennent juste avant, pendant ou juste après l'accouchement. L'accès rapide à un personnel qualifié peut être une question de vie ou de mort pour les femmes confrontées à des complications pendant l'accouchement. MSF s'efforce de remédier aux « trois retards » auxquels les femmes sont confrontées lorsqu'elles ont besoin de soins pendant l'accouchement : le retard dans la décision de se faire soigner, le retard pour se rendre dans un établissement de santé et le retard pour recevoir un traitement adapté au sein de cet établissement. Outre les soins obstétricaux et néonatals d'urgence, nous fournissons également des soins prénatals et postnatals ainsi que des services de contraception.
Réponse aux épidémies
Les épidémies peuvent toucher de manière disproportionnée les femmes enceintes, en particulier aux derniers stades de la grossesse. Les femmes enceintes sont plus vulnérables aux effets de l’infection paludique, qui peut entraîner la mort de la mère, une fausse couche ou la mort fœtale. Dans certains de nos projets, jusqu’à 50 % des femmes bénéficiant de soins prénataux peuvent être testées positives au paludisme. L’hépatite E présente un taux de mortalité nettement plus élevé chez les femmes enceintes, atteignant 25 % chez celles qui en sont au troisième trimestre. Dans certains cas, le choléra peut entraîner un accouchement prématuré ou des complications obstétricales.
Violences sexuelles
En 2025, nos équipes ont prodigué des soins médicaux à plus de 82 800 victimes de violences sexuelles, principalement des femmes et des filles. Cependant, la prise de conscience des violences sexuelles commises contre les hommes et les garçons est croissante. Les soins que nous offrons comprennent la prévention des infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, ainsi que la vaccination contre le tétanos et l’hépatite B. Une prise en charge médicale rapide est essentielle, car la prévention du VIH doit débuter dans les 72 heures suivant l’agression. Le traitement des blessures physiques, le soutien psychologique et la prévention et la prise en charge des grossesses non désirées font également partie des soins proposés.
Fistule obstétricale
Un accouchement difficile et prolongé peut entraîner l'apparition d'une fistule : une ouverture entre le vagin et la vessie, entre le vagin et le rectum, ou les deux. Il en résulte une incontinence urinaire et/ou fécale. Les femmes atteintes de fistules vivent dans la honte et sont souvent rejetées par leur famille et leur communauté. L'opération visant à refermer une fistule nécessite des compétences chirurgicales spécialisées. MSF a mis en place des « camps de traitement des fistules » afin de proposer des interventions chirurgicales aux femmes atteintes de cette affection. La fistule peut être facilement évitée grâce à l'accès à un accompagnement qualifié lors de l'accouchement et à une prise en charge adéquate du travail obstrué, notamment par césarienne.
VIH/Sida – Prévention de la transmission mère-enfant
Plus de 90 % des enfants vivant avec le VIH sont infectés par leur mère pendant la grossesse, l'accouchement ou l'allaitement. La prévention de la transmission mère-enfant (PTME) permet de réduire le risque de transmission à moins de 2 %. Nous intégrons la PTME aux soins maternels et infantiles dans les régions où la prévalence du VIH est moyenne à élevée et où nous devons appuyer d'autres initiatives. Cela comprend le dépistage et la mise à disposition de médicaments antirétroviraux (ARV) pour les femmes enceintes séropositives, des conseils sur l'allaitement, un accompagnement et l'administration préventive d'ARV aux nouveau-nés. Si, malgré ces efforts, le bébé est infecté, un traitement lui est proposé.
Cancer du col de l'utérus
Les taux de cancer du col de l'utérus sont en hausse dans le monde entier, en particulier dans les pays en développement, où cette maladie est la première cause de décès par cancer chez les femmes dans de nombreux pays. Dans plusieurs pays, nous menons des programmes de dépistage du cancer du col de l'utérus et traitons les patientes atteintes d'un cancer à un stade précoce. Nous concentrons particulièrement nos efforts dans les contextes où la prévalence du VIH est élevée, car les femmes séropositives courent un risque beaucoup plus élevé de développer un cancer du col de l'utérus, et nous avons mis en place des campagnes de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), l'une des principales causes de cette maladie. En 2019, nous avons vacciné 13 000 jeunes filles au Zimbabwe contre le HPV.
Pour aller plus loin :
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