
Paludisme
Chaque année, le paludisme tue environ 600 000 personnes. 80 % des décès concernent des enfants de moins de cinq ans.
La maladie est relativement facile à traiter, mais l’accès aux traitements les plus efficaces reste insuffisant. Plus de 95 % des décès dus au paludisme surviennent sur le continent africain. Les moustiquaires imprégnées sont coûteuses et inaccessibles à beaucoup. Le parasite responsable du paludisme commence à développer une résistance au médicament le plus efficace dont nous disposons dans certaines régions d’Asie. De plus, aucun nouveau médicament n’est en cours de développement, ce qui signifie que nous pourrions nous retrouver sans options thérapeutiques efficaces à l’avenir.
Nos activités en 2025 :
personnes traitées pour le paludisme
Contrôle vectoriel
Les moustiques se reproduisent dans l'eau et sont particulièrement nombreux pendant la saison des pluies. Si la prévention la plus élémentaire consiste à éviter les piqûres en dormant sous des moustiquaires imprégnées d'insecticide, il est nécessaire d'éliminer les gîtes larvaires naturels de l'insecte. La pulvérisation d'insecticide et l'assèchement des eaux stagnantes sont des stratégies utilisées pour contrôler la prolifération des moustiques.
Diagnostic
Le diagnostic du paludisme repose soit sur un test de diagnostic rapide, soit sur un examen microscopique réalisé par un technicien de laboratoire qualifié. Le test de diagnostic rapide, qui utilise une goutte de sang prélevée au bout du doigt, est relativement peu coûteux et facile à réaliser ; les agents de santé communautaires, même sans formation préalable, peuvent rapidement apprendre à le pratiquer. Dans certaines régions, aucun de ces tests n’est disponible, obligeant les agents de santé à diagnostiquer les enfants malades uniquement sur la base de leurs symptômes. Ceci conduit à un surdiagnostic du paludisme, la véritable cause des symptômes restant alors sans traitement.
Traitement
Le traitement le plus efficace contre le paludisme est une association de deux médicaments appelée thérapie combinée à base d'artémisinine (ACT). Ces médicaments guérissent la plupart des infections en trois jours. Un traitement précoce est essentiel pour éviter le paludisme grave, qui nécessite une hospitalisation et l'administration d'antipaludéens par voie intraveineuse. Les patients atteints de paludisme grave ont souvent besoin de transfusions sanguines, ce qui requiert une banque de sang sûre et suffisamment approvisionnée – difficile à mettre en place dans les régions aux ressources limitées. Sans traitement, ou avec un traitement trop tardif, le paludisme grave est mortel.
Résistance
La recommandation par l'OMS, en 2001, des ACT (combinaisons thérapeutiques à base d'artémisinine) a constitué une avancée majeure, remplaçant d'anciens traitements inefficaces comme la chloroquine ou la quinine. Cependant, le parasite du paludisme a développé une résistance à l'artémisinine dans certaines régions d'Asie du Sud-Est, ce qui signifie que les ACT pourraient ne plus être efficaces. Si la propagation de cette résistance ne peut être enrayée, elle représente un risque majeur pour la santé publique et entraînerait très probablement une résurgence du paludisme, puisqu'il n'existe actuellement aucun nouveau médicament disponible.
Prévention saisonnière
Dans la région du Sahel en Afrique, le paludisme est fortement saisonnier et la plupart des cas surviennent sur une période de 4 à 5 mois. En 2012, MSF a mis en place un projet pilote de chimioprévention saisonnière du paludisme (CPS) au Mali, au Niger et au Tchad, désormais appliqué dans plusieurs pays. La CPS consiste à administrer des antipaludéens pour prévenir l'infection chez les personnes les plus vulnérables : les enfants de moins de cinq ans. La prévention du paludisme passe aussi par la protection contre les piqûres de moustiques vecteurs du parasite, grâce à l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide, malheureusement inaccessibles à de nombreuses populations.
Pour aller plus loin :
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