× Fermer

Mer Méditerranée

An Aquarius search and rescue mission on 1 November 2017. The team retrieved more than 500 people from three overloaded rubber boats in distress that day, but an unknown number remained missing, presumed drowned. © Maud Veith/SOS Méditerranée
Une opération de recherche et de sauvetage par l'Aquarius, le 1er novembre 2017. Ce jour-là, les équipes ont sauvé plus de 500 personnes en détresse qui faisaient la traversée dans trois canots gonflables surpeuplés. © Maud Veith/SOS Méditerranée

    En 2017, MSF a poursuivi ses opérations de recherche et sauvetage pour porter secours aux réfugiés, demandeurs d'asile et migrants qui font la traversée de la Méditerranée centrale.

    Selon l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 2 835 personnes se sont noyées en 2017, en tentant la traversée par la mer depuis la Libye vers l’Europe. L’agence de l’ONU relève aussi qu’en 2017, le nombre de personnes sauvées et conduites en sécurité dans des ports italiens, soit environ 120 000, est le plus bas en quatre ans.

    La diminution du nombre de départs depuis la Libye a été saluée comme un succès par certains, parce qu’elle signifiait une baisse du nombre de pertes humaines en mer. En fait, elle est le résultat d’accords passés entre la Libye, l’Italie et l’UE dans le cadre d’une stratégie plus large visant à fermer la côte libyenne et «contenir» les réfugiés, demandeurs d’asile et migrants dans un pays où ils sont exposés à des niveaux extrêmes et généralisés de violence et d’exploitation.

    Soutenus par l’UE, les garde-côtes libyens ont intensifié leurs activités en eaux internationales pour intercepter les réfugiés et migrants et les ramener en Libye. Ces activités sont présentées comme des «opérations de sauvetage». Mais elles ne ramènent pas les migrants et réfugiés en lieu sûr. En maintes occasions, les navires des garde-côtes libyens ont eu des comportements menaçants et violents à l’égard des vaisseaux non armés d’ONG effectuant des opérations de recherche et sauvetage. En mai, MSF a vu un bateau des garde-côtes libyen tirer en l’air en s’approchant d’une embarcation en détresse, mettant ainsi encore plus en danger les réfugiés et migrants à bord.

    Dans un environnement de plus en plus hostile, dans lequel la classe politique italienne et d’autres pays européens tente de saper le soutien du public aux opérations de recherche et sauvetage, les ONG sont accusées de collaboration et de collusion avec les trafiquants. Le code de conduite proposé par le ministère italien de l’Intérieur a légitimé une campagne politique de longue haleine visant à discréditer les ONG et à en faire des boucs émissaires, alors que celles-ci opèrent dans un cadre juridique clair et respectent toutes les règles du droit national, international et maritime. Un bateau de sauvetage a été saisi en Italie dans l’attente d’un procès et un groupe d’autodéfense nationaliste a même affrété son propre bateau pendant plusieurs semaines pour activement perturber les activités de sauvetage.

    Malgré cela, en 2017, les équipes de MSF sur les vaisseaux de recherche et sauvetage Prudence et Aquarius (en partenariat avec SOS MÉDITERRANÉE pour ce dernier) ont pu sauver 23 852 réfugiés et migrants d’embarcation de fortune, et les amener dans un port sûr en Italie. Vu la baisse du nombre de bateaux atteignant les eaux internationales, MSF a décidé en octobre de suspendre temporairement son navire Prudence.

    Les médecins de MSF ont soigné des personnes blessées en Libye, et ont entendu des récits de violences et mauvais traitements. Beaucoup présentaient des dermatoses sévères ou des brûlures chimiques et, pendant les mois d’hiver, l’équipe a vu de nombreux cas d’hypothermie. Plus de 10% des femmes secourues étaient enceintes. Deux bébés sont nés en toute sécurité à bord des bateaux de MSF et ont été appelés Mercy et Christ. L’équipe a aussi repêché 13 corps sans vie.


    articles liés