Le centre de traitement Ebola de MSF a ouvert ses portes sur le site de Munigi, à Goma. Les premiers patients ont été admis le jeudi 28 mai. Les équipes de MSF suivent un protocole strict de préparation et de désinfection avant et après chaque visite auprès des patients.

Épidémie Ebola causée par le virus Bundibugyo

Dans l’est de la République démocratique du Congo, une grave épidémie de maladie à virus Ebola se propage à un rythme alarmant. Face à une souche particulièrement préoccupante, à des moyens médicaux limités et à un contexte sécuritaire difficile, il est urgent d’intensifier la réponse médicale internationale, au plus près des communautés touchées.
 

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Vue de l'entrée de l'Institut national de recheche biomédicale de Goma. Des mesures préventives ont été mises en place avant d'entrer dans cet établissement dans lequel sont testés les prélèvements des personnes susceptibles de souffrir de la maladie Ebola.

Dernière mise à jour : 30 septembre 2026

 

Aperçu de la situation :

La transmission reste active dans sept provinces : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé, Bas-Uélé, Tshopo et Sud-Oubangui.

On recense actuellement plus de 8 200 cas confirmés, environ 4 000 décès signalés et plus de 2 000 survivants. Le taux de mortalité est de 48,4 % (au 29 septembre 2026, selon l’Institut national de santé publique).

76 % des cas confirmés ont été recensés dans la province de l'Ituri, épicentre initial de l’épidémie. Cependant, un examen plus approfondi des tendances actuelles révèle un changement inquiétant : le Nord-Kivu représente désormais près de la moitié de tous les nouveaux cas signalés et enregistre le taux de létalité le plus élevé du pays, à 59 %.

 Par ailleurs, la confirmation de deux cas en Sud-Oubangui a étendu la zone d’influence de l’épidémie à sept provinces. L’ampleur réelle de l’épidémie est probablement encore plus importante, car les lacunes de la surveillance et l’accès limité à certaines zones touchées font que tous les cas ne sont ni détectés ni signalés.

À première vue, les derniers chiffres peuvent sembler encourageants : en Ituri, épicentre initial, la situation ralentit pour le moment et les centres de traitement des maladies infectieuses de cette province accueillent moins de patients. Cependant, ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. À l’échelle nationale, le nombre de nouveaux cas n’a pas diminué. L’épidémie ne recule pas ; elle se propage à de nouvelles zones, moins bien préparées, ce qui rend les efforts de confinement de plus en plus difficiles.

Au cours des 100 premiers jours de l’épidémie, la RDC a enregistré près de six fois plus d’infections que lors des premières phases de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, la plus meurtrière jamais enregistrée.

Les équipes de MSF suivent un protocole strict de préparation et de désinfection avant et après chaque visite auprès des patients. Centre de traitement Ebola, Goma, RDC
Vue de la cour du collège Mwanga à Goma. Des élèves se lavent les mains avant d'accéder à leurs cours dans le cadre des mesures de prévention contre Ebola, RDC

La réponse de MSF

MSF déploie une mobilisation massive, constamment adaptée à l'évolution de la situation épidémiologique. 

MSF a alloué un budget de 64 millions d'euros à la lutte contre Ebola.

MSF soutient la réponse dans cinq des sept provinces touchées :

  • Ituri : Mongbwalu, Bunia, Nia Nia, Bambu, Fataki, Drodro et Angumu
  • Nord Kivu : Goma, Butembo, Beni, Rutshuru, Kibirizi, Mweso, Walikale
  • Tshopo : Kisangani
  • Haut-Uélé : Isiro
  • Sud-Oubangui

Données clés du 15 mai 2026 au 27 septembre 2026 :

  • Plus de 2 800 membres du personnel de MSF participent à la riposte à l’épidémie de maladie Ebola en RDC, la grande majorité étant recrutée localement.
  • 8 centres de traitement Ebola (CTE) et de nombreuses unités d’isolement, avec une capacité actuelle d'environ 300 lits.
  • Nombre total de patients admis : plus de 3 500.
  • Cas confirmés : environ 1 600.
  • Nombre de survivants parmi les cas confirmés (guéris) : plus de 580.

Au-delà des soins et traitements prodigués aux patients, MSF intervient activement sur d'autres axes essentiels de sa riposte afin de limiter la transmission, de renforcer les capacités locales et d'améliorer l'accès aux soins (liste non exhaustive) :

  • Prévention et contrôle des infections (PCI) : Les mesures de PCI sont indispensables pour prévenir la transmission d'Ebola, notamment dans les établissements de santé. Ces mesures comprennent la fourniture et l'utilisation correcte des équipements de protection individuelle (EPI), l'isolement sécurisé des cas suspects, des pratiques rigoureuses d'hygiène des mains et la gestion sécurisée des déchets médicaux et des objets tranchants.
    • Depuis le début de l'épidémie, MSF soutient les établissements de santé par le biais de formations à la PCI et la fourniture d'équipements de protection et de matériel essentiel à la PCI.

 

  • Eau, assainissement et hygiène : Les équipes EAH (Eau, Assainissement et Hygiène) jouent un rôle crucial dans la prévention de la propagation du virus en garantissant l'accès à l'eau potable et en effectuant des opérations de nettoyage et de désinfection dans les établissements de santé, les ambulances et les domiciles des patients infectés. Elles travaillent également avec les partenaires impliqués dans des inhumations dignes et sécurisées, en contribuant à la préparation des corps et en réduisant le risque de transmission.
    • Dans un centre de traitement Ebola (CTE), il faut en moyenne 300 litres d'eau par patient et par jour, principalement pour la lessive, le nettoyage et la désinfection. Dans le camp de déplacés de Plaine Savo, environ 500 latrines sont en construction et 13 camions-citernes distribuent quotidiennement 4 à 5 litres d'eau potable aux 78 000 personnes déplacées.

       

  • Engagement communautaire : Les communautés jouent un rôle crucial dans l'éradication des épidémies d'Ebola. MSF travaille en étroite collaboration avec les responsables communautaires, les organisations locales et les populations touchées afin de garantir la diffusion d'informations exactes sur la maladie, la prise en compte des préoccupations et l'information des personnes sur les modalités d'accès aux soins. Cette démarche contribue également à instaurer la confiance dans la riposte.
    • Depuis le début de l'épidémie, les équipes de MSF mènent régulièrement des activités de mobilisation communautaire pour renforcer la confiance et maintenir le dialogue avec les communautés touchées. Par exemple, au CTE d'Elikiya, les responsables communautaires sont invités chaque semaine à visiter le centre, à poser des questions et à dialoguer directement avec les équipes de MSF.

 

  • Surveillance de la maladie : L'identification rapide des cas est essentielle pour stopper la propagation d'Ebola. MSF soutient les efforts de surveillance des maladies par le biais du traçage des contacts, des enquêtes épidémiologiques, de la gestion des alertes et du renforcement des capacités des laboratoires.
    • Le laboratoire MSF sur le site du centre de traitement des urgences d'Elikiya traite en moyenne 40 échantillons par jour et fournit des résultats en une heure seulement. Avant sa mise en place, l'obtention des résultats pouvait prendre deux à trois jours.

Carte de nos opérations

En date du 30 septembre 2026

Carte de la réponse d'urgence de MSF en République démocratique du Congo face à l'épidémie de maladie Ebola

Une épidémie d’une ampleur sans précédent

L’épidémie constitue une crise dans la crise, car elle se propage dans des régions déjà fragilisées par des décennies de conflit, de déplacements de population, de violence et un système de santé extrêmement fragile, où des millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire.

En Ituri, épicentre initial, la situation ralentit pour le moment. Mais à l’échelle nationale, le nombre de nouveaux cas ne diminue pas. L’épidémie ne recule pas, elle progresse.

Mythes et réalités sur la maladie d'Ebola:

Activités régulières de MSF en RDC :

MSF est présente en RDC depuis 1977. En 2025, elle a mené 17 projets réguliers et répondu à 53 urgences, pour un budget total de 131 millions d’euros. MSF propose une large gamme de services médicaux, notamment les soins de santé primaires, la chirurgie, les soins pédiatriques et maternels, ainsi que la prise en charge des victimes de violences sexuelles. La prévention et la lutte contre les maladies infectieuses et les épidémies demeurent une priorité majeure, de même que la prise en charge du VIH et du paludisme et l’amélioration de l’accès aux soins pour les personnes handicapées.

L’une des principales priorités de MSF est de répondre aux conséquences directes et indirectes des violences sur les populations civiles, en particulier dans l’est de la RDC, par le biais de soins médicaux, de services d’eau et d’assainissement dans les sites de déplacement et de la distribution de secours d’urgence. Les équipes de MSF interviennent également lors de catastrophes naturelles.

Pour aller plus loin :

Tenue Ebola

Épidémie Ebola causée par le virus Bundibugyo
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