
Le rapatriement de 1 500 réfugiés rohingyas de la Malaisie vers le Myanmar n’est ni sûr ni viable à l’heure actuelle.
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Médecins Sans Frontières (MSF) appelle la Malaisie à suspendre les retours de « réfugiés birmans » prévus par son plan de « rapatriement » annoncé pour le 29 septembre 2026. Il est urgent d'obtenir transparence et clarté concernant les 1 476 réfugiés qui risquent d'être renvoyés de force vers les conditions de violence et de danger qu'ils ont fuies.
Bien que non signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la Malaisie demeure liée par le principe de non-refoulement du droit international coutumier, qui lui interdit de renvoyer de force quiconque vers un pays où il risquerait d'être persécuté.
Le 5 août 2026, la Malaisie a déclaré qu'elle ne procéderait pas aux retours « si les réfugiés étaient persécutés ou si leur vie était menacée ». Cependant, des annonces plus récentes du gouvernement malaisien indiquent que ce n'est plus le cas, ce qui soulève de graves préoccupations en matière de droits humains.
MSF appelle la Malaisie à :
- Garantir le non-retour de tout réfugié birman – les civils au Myanmar continuent de subir des violences extrêmes, notamment des bombardements aériens incessants, des massacres, des emprisonnements, des enrôlements forcés et la privation de biens essentiels tels que la nourriture et les médicaments.
- Révéler la nationalité, l’âge et les risques de protection des personnes identifiées en vue d’un retour. Les réfugiés et demandeurs d’asile victimes de persécution ou d’autres atteintes graves ne doivent pas être renvoyés.
- S’assurer que les besoins de protection des personnes susceptibles d’être renvoyées sont évalués de manière approfondie conformément aux normes internationales.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), en 2025, le Myanmar se classait au deuxième rang mondial en termes d’intensité des conflits et au quatrième rang des pays les plus dangereux pour les civils, avec plus de la moitié de la population exposée à la violence. Le Myanmar continue de faire face à une grave crise humanitaire alimentée par l’intensification du conflit armé, les catastrophes naturelles et l’instabilité économique.
MSF travaille au Myanmar depuis 1992 et demeure présente dans les États de Rakhine, Kachin, Shan (nord) et à Yangon, où elle fournit des services de santé ainsi que des programmes d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène. Nos équipes constatent directement comment les soins de santé, l'approvisionnement alimentaire, l'éducation et les moyens de subsistance des communautés dans de nombreuses régions du Myanmar continuent d'être gravement perturbés par les conflits et l'insécurité.
Les réfugiés ne devraient pas être renvoyés dans les lieux qu'ils ont fui et où leur vie est en danger.
Les réfugiés, tels que les Rohingyas et d'autres minorités persécutées, ont enduré, et continuent de survivre, à des décennies d'oppression, de violence, de conditions de vie précaires et d'incertitude, dans l'attente d'une éventuelle réinstallation par la Malaisie. Les réfugiés ne quittent pas leur foyer de leur plein gré : ils fuient la persécution et ne devraient pas être traités comme des criminels ou des cibles faciles à des fins politiques.
MSF appelle la Malaisie à mettre un terme à tout renvoi de réfugiés vers les conditions dangereuses et violentes qu'ils ont fuies et à garantir que tout processus de renvoi soit totalement transparent et conforme aux normes internationales.
"Stop treating repatriation of Rohingya as a solution when conditions are clearly unsafe”
- MSF’s International President, Dr Javid Abdelmoneim