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Aden 2015 : Dans le seul hôpital de traumatologie MSF en pleine guerre au Yémen

Le lundi 12 janvier 2026

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« Ce que j’ai vu ce jour-là était inimaginable. L’hôpital était rempli de patients blessés par la guerre. Les couloirs résonnaient de cris » — Dr Nagwan 

En mars 2015, le service de traumatologie de l’hôpital universitaire d’Aden, géré par Médecins Sans Frontières (MSF), est devenu le seul établissement de la ville à prendre en charge les victimes des combats. Pendant quatre mois, au cœur de la bataille pour Aden, l’hôpital a fonctionné sous pression constante, traitant un flux ininterrompu de patients gravement blessés.

À cette époque, le Yémen était en guerre depuis près d’un an. Le conflit opposait les forces du président Abdrabbo Mansour Hadi au mouvement Ansar Allah, plus communément connu sous le nom de Houthis. En septembre 2014, Ansar Allah et ses alliés avaient pris le contrôle de larges zones de la capitale, Sanaa. Sous la pression, le président Hadi démissionne en janvier 2015 et se réfugie à Aden, port du sud du Yémen et dernier bastion du gouvernement reconnu internationalement.

En mars 2015, les rumeurs d’une avancée de Ansar Allah vers le sud se multiplient.

Les habitants se précipitaient dans les magasins pour stocker nourriture et produits de première nécessité. Personne ne savait ce qui allait se passer », se souvient le Dr Nagwan.

Le 25 mars, le mouvement Ansar Allah et ses alliés entrent à Aden. Des combats éclatent dans toute la ville, y compris dans les quartiers résidentiels, tandis que le président quitte le pays. Très vite, la violence touche l’hôpital MSF. 

En rentrant chez moi, j’ai vu un véhicule transportant des blessés s’écraser contre l’hôpital », raconte le Dr Nagwan. 

Bien qu’il ne fasse pas encore partie de l’équipe MSF, il entre immédiatement pour aider. 

« Je me suis retrouvé dans ce qui ressemblait à un champ de bataille, arrêtant le saignement d’un patient, cherchant une veine pour un autre, passant d’un cas critique à l’autre. »

Entre le 25 et le 26 mars, MSF prend en charge environ 180 patients. Dans les semaines qui suivent, Aden devient une ville divisée : le nord et le sud passent sous contrôle de Ansar Allah, le centre reste aux mains des forces du sud, désormais intégrées au Conseil de transition du Sud (Southern Transitional Council, STC).

Les mois se succèdent et les urgences persistent : les équipes médicales doivent toujours prioriser les soins vitaux. Mohamed, coordinateur logistique de MSF, explique : 

Les chauffeurs transportaient les patients, le personnel administratif nettoyait les matelas, tout le monde aidait les équipes médicales. Nous devions gérer la foule, calmer les tensions et protéger le personnel médical pour qu’il puisse continuer à soigner. »

En juillet 2015, les combats s’intensifient lors du retrait de Ansar Allah d’Aden, provoquant le plus grand afflux de blessés depuis le début du conflit. Entre mars et août 2015, MSF prend en charge environ 2 800 patients, dont de nombreuses femmes et enfants.

En 2023, la baisse de la violence réduit le nombre de traumatismes liés à la guerre. En février 2025, le programme de chirurgie traumatologique de l’hôpital d’Aden ferme après 12 ans d’activité, au cours desquels MSF a réalisé plus de 65 000 consultations d’urgence et près de 68 000 interventions chirurgicales. Cette fermeture ne signifie pas que les besoins à Aden ont disparu : le Yémen reste instable et l’accès aux soins limité.

Ces derniers mois, les tensions ont augmenté entre le Conseil présidentiel du Yémen, reconnu internationalement et soutenu par l’Arabie saoudite, et le Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par les Émirats arabes unis et revendiquant plus d’autonomie pour le sud du pays. Pour MSF, la fin d’un projet ne marque pas la fin de l’engagement. 

L’organisation continue d’être présente à Aden, de suivre l’évolution des besoins et de garder un plan d’urgence prêt à fournir des soins médicaux dès qu’ils sont nécessaires.

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