Campement informel de personnes déplacées près de l'immeuble d'habitation à Deir al-Balah. Palestine, mars, 2026 © Craig Kenzie/MSF
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5 choses à retenir sur la vie actuelle des Palestiniens dans le Territoire palestinien occupé

Le vendredi 1 mai 2026

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La vie des habitants de Gaza et de la Cisjordanie, en Palestine, reste difficile malgré l’entrée en vigueur d’un « cessez-le-feu » en octobre 2025. Voici cinq éléments qui expliquent les difficultés auxquelles les Palestiniens sont confrontés.

1. Les attaques quotidiennes se poursuivent à travers Gaza et les enfants sont gravement touchés

Depuis le soi-disant cessez-le-feu, Israël a tué plus de 870 personnes et blessé plus de 2 600 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza. Des épisodes de violence surviennent presque quotidiennement et touchent de nombreux enfants. Entre le 10 octobre 2025 et le 11 mai 2026, les équipes de MSF ont pris en charge 243 enfants blessés à cause de violences dans leur hôpital de campagne à Deir al-Balah, soit près de 12 % de tous les patients traités pour ce type de blessures dans l’établissement. La plupart de ces enfants souffraient de blessures dues à des explosions, dont 37 enfants de moins de cinq ans, et 12 ont été soignés pour des blessures par balle. 

Entre janvier et avril, 196 admissions au service de traumatologie de l’hôpital Nasser de MSF concernaient des enfants blessés de moins de 15 ans, représentant 20 % des patients blessés. Durant la même période, dans une autre clinique de MSF à Gaza-ville, 113 enfants ont reçu des soins pour des blessures, dont près de 96 % causées par des explosions de bombardements et des tirs. 

Depuis l’accord de cessez-le-feu, la bande de Gaza est effectivement divisée par une « ligne jaune » dangereuse, en expansion constante et ambiguë, contrôlée par l’armée israélienne. Cette ligne place actuellement environ 58 % de la bande de Gaza sous contrôle militaire israélien, la zone continuant de s’étendre avec le temps. Nos équipes continuent de soigner des patients blessés par la violence dans les zones autour de la « ligne jaune », notamment des blessures dues aux explosions, des éclats, des traumatismes causés par les déflagrations et des blessures par balle.

Lors de l’atelier de physiothérapie 3D dans la clinique de MSF à Gaza-ville, Ibtihal, physiothérapeute de MSF, ajuste un masque 3D sur Joud, une patiente brûlée de quatre ans. Palestine, mars 2026. © Nour Alsaqqa/MSF

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2. La violence des colons israéliens contre les Palestiniens en Cisjordanie atteint des niveaux sans précédent

Depuis octobre 2023, la violence des colons, les opérations militaires et les restrictions imposées aux Palestiniens en Cisjordanie se sont fortement intensifiées. La violence des colons israéliens contre les Palestiniens s’est encore aggravée, le mois de mars enregistrant le plus grand nombre de blessés palestiniens causés par des colons au cours des 20 dernières années.

Le traumatisme est permanent : les gens ont peur de se déplacer d’un endroit à un autre, sachant qu’ils devront faire face aux colons, à l’armée ou à l’administration civile. Les habitants ne sont pas disposés à quitter leurs maisons de peur qu’elles soient démolies. Nous constatons même davantage de cas de violence contre les enfants.

Au moins 70 enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, depuis le début de 2025, soit en moyenne environ un enfant par semaine.

Les Palestiniens sont pourchassés dans leurs maisons, sur leurs terres et dans leurs écoles, tandis que les auteurs des attaques jouissent d’une impunité totale. Aucun soldat, policier ou colon israélien n’a été inculpé pour le meurtre d’un civil palestinien en Cisjordanie occupée depuis le début de cette décennie, tandis que 16 Palestiniens ont été tués par des colons cette année seulement.

La violence et la peur constante auxquelles sont exposés les Palestiniens en Cisjordanie ont des conséquences dévastatrices sur leur santé mentale et leur bien-être.

Les activités de santé mentale de MSF en Cisjordanie montrent que la pression exercée sur les Palestiniens n’est pas seulement ponctuelle : elle entraîne une détérioration durable de la santé mentale, marquée par la peur, l’anxiété, les troubles du sommeil, l’instabilité et la perte de contrôle sur la vie quotidienne.

Du 1er janvier au 30 avril 2026, les équipes de MSF ont fourni 983 consultations individuelles en santé mentale à Naplouse. La majorité des patients présentaient ou étaient traités pour des symptômes graves liés aux traumatismes, à l’anxiété et à la dépression en lien avec la situation en Cisjordanie.

Les équipes de MSF se rendent à Khallet Athaba pour évaluer les besoins de la population. À Masafer Yatta, des cliniques mobiles dispensent des soins médicaux et psychologiques aux familles qui vivent sous le poids d'attaques incessantes. Cisjordanie, Palestine, septembre 2025. © MSF

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3. L’étau sur les fournitures essentielles exercé par les forces israéliennes maintient les Palestiniens dans un état constant de privation et d’incertitude

À Gaza, les fournitures médicales s’épuisent rapidement alors que les autorités israéliennes limitent leur entrée dans la bande. Dans les semaines à venir, certains projets de MSF devraient manquer d’articles essentiels, notamment des médicaments pour les maladies cardiovasculaires, le diabète et les maladies respiratoires chroniques. Lorsque cela se produit, des services médicaux critiques sont perturbés. En particulier, les autorités israéliennes imposent des conditions de transport inadaptées pour les médicaments de la chaîne du froid : elles ont interdit les camions réfrigérés, qui permettent de conserver des produits sensibles comme l’insuline ou les vaccins. Cela met directement en danger la qualité des soins que nous pouvons fournir aux patients, et par conséquent la vie des patients.

De plus, l’huile moteur devient extrêmement rare, alors qu’elle est essentielle au fonctionnement des générateurs et des véhicules. Sans elle, les hôpitaux, les systèmes d’eau et les transports s’arrêtent, mettant des vies en danger, y compris celles de bébés en incubateurs qui dépendent des générateurs pour survivre. Nos équipes n’ont pas été en mesure d’acheminer directement des fournitures à Gaza depuis le 1er janvier, après que les autorités israéliennes ont retiré MSF de l’enregistrement pour travailler dans le Territoire palestinien occupé. Cependant, nous continuons nos activités dans toute la bande et les poursuivrons aussi longtemps que possible. MSF appelle d’urgence les autorités israéliennes à permettre l’entrée immédiate de fournitures humanitaires essentielles suffisantes, y compris l’huile moteur. Des vies en dépendent.

Mohammed Shehada, responsable des soins infirmiers à l'hôpital Al-Helou de la ville de Gaza, examine un nouveau-né de faible poids allongé dans une couveuse. Palestine, avril 2026. © Nour Alsaqqa/MSF

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4. La privation inhumaine d’eau par Israël provoque des maladies évitables

Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza, y compris les usines de dessalement, les puits, les pipelines et les systèmes d’égouts. Les équipes de MSF ont documenté des tirs de l’armée israélienne sur des camions d’eau clairement identifiés ou la destruction de puits qui constituaient une bouée de sauvetage pour des dizaines de milliers de personnes. Des incidents violents ont souvent eu lieu lors de la distribution d’eau aux populations, blessant des Palestiniens et des travailleurs humanitaires et endommageant du matériel.

Les conséquences de cette privation d’accès à l’eau sont profondes sur la santé, l’hygiène et la dignité des populations, en particulier des femmes et des personnes handicapées. L’accès à l’hygiène de base, y compris l’eau propre, le savon, les couches et les produits d’hygiène menstruelle, est devenu extrêmement difficile. Les gens sont forcés de creuser des trous dans le sable pour servir de toilettes, lesquels débordent et contaminent les environs ainsi que les eaux souterraines avec des matières fécales.

Le manque d’accès à l’eau et à l’hygiène, combiné à des conditions de vie précaires et indignes comme des tentes surpeuplées et des abris de fortune, entraîne également une augmentation des maladies, notamment des infections respiratoires, des maladies de la peau et des maladies diarrhéiques. Ce sont les principales pathologies que nous observons dans nos centres de soins primaires.

Un réservoir d'eau fabriqué localement, d'une capacité d'environ 150 000 litres d'eau potable. Gaza, Palestine, décembre 2025. © Craig Kenzie/MSF

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5. Dans un contexte de stabilisation relative, la malnutrition reste une préoccupation majeure

La malnutrition reste cliniquement significative à Gaza et la situation est extrêmement fragile. Au premier trimestre 2026, un total de 383 enfants ont été admis dans les centres de nutrition thérapeutique ambulatoire de MSF, dont 35 % souffrant de malnutrition aiguë sévère. Sur la même période, 24 % des 5 996 femmes enceintes ont été identifiées comme souffrant de malnutrition dans les hôpitaux Nasser et Al Helou. Nous observons également des rechutes chez les patients.

Cela souligne l’impact dévastateur de la famine de 2025, provoquée par l’insécurité liée au conflit et le blocus délibéré d’Israël, sur les résultats sanitaires de la population. Plusieurs facteurs contribuent à la persistance de cette situation fragile : le chômage atteint 80 %, selon l’ONU, de nombreux prix alimentaires ont doublé — rendant les aliments frais et les protéines inaccessibles pour la plupart des familles — et la population dépend fortement des distributions quotidiennes de cuisines communautaires, avec un ménage sur cinq qui ne mange encore qu’un seul repas par jour, selon l’OCHA. Bien que davantage de camions entrent désormais à Gaza, la majorité sont commerciaux et non des aides humanitaires.

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