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Exclusion des soins

© Lam Duc Hien

    Une grande partie du travail de MSF porte sur des urgences ignorées du grand public qui, même si elles ne font pas la une des médias, n’en sont pas moins graves. Dans de nombreux pays, y compris en Europe, des groupes vulnérables et marginalisés (étrangers illégaux, enfants abandonnés, personnes âgées, etc.) sont privés de soins vitaux en raison de politiques d’exclusion à leur égard. Forte de ses 40 ans d’expérience, MSF prend le temps de bien comprendre les personnes qu’elle prend en charge et les endroits où elle intervient. MSF va au devant de ceux qui n’ont pas de structures médicales à proximité de chez eux et leur apporte des soins.

    Violence, abus de drogues et travailleurs du sexe

    De nombreux migrants au Honduras gagnent leur vie comme travailleurs du sexe ou trafiquants de drogue et le manque de soins de santé, combinée avec le commerce du sexe en pleine croissance, a conduit à une forte augmentation des infections sexuellement transmissibles .

    Dans la rue, les médecins MSF diagnostiquent et de fournissent les premiers soins. Des psychologues écoutent et donnent des conseils. Les personnes ayant des problèmes de toxicomanie et de santé plus graves ou chroniques sont redirigées vers des cliniques MSF où médecins et psychologues offrent des soins médicaux supplémentaires ou un soutien physique et psychologique.

    Prisons

    Dans certains pays, l’accès aux soins pour les personnes incarcérées est limité, voire inexistant, et leurs conditions de vie sont généralement mauvaises. Parmi ces personnes, la malnutrition, la déshydratation et les infections cutanées et respiratoires sont courantes. Depuis 2010, MSF œuvre dans trois prisons de la capitale du Cambodge, Phnom Penh, qui abritent le quart des prisonniers du pays. Les équipes de MSF offrent des soins et des traitements contre le VIH et la tuberculose et ont adopté des mesures pour mieux contrôler les infections, comme une zone de quarantaine dans l’une des prisons. MSF s’assure qu’ils peuvent obtenir les médicaments et les services médicaux dont ils ont besoin.

    Personnes marginalisées

    D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 450 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles mentaux, mais beaucoup sont exclues des soins.
    Dans beaucoup de pays, certaines conditions médicales sont stigmatisées, comme les troubles mentaux et psychologiques. Les personnes qui en sont atteintes ont encore plus de mal à obtenir les traitements dont elles ont besoin.

    À Dadaab, j’ai vu des dizaines de personnes atteintes de troubles mentaux qui étaient enchaînées ou tenues à l’écart par leur famille, car elle ne savaient absolument pas comment s’en occuper, explique le psychiatre Pablo Melgar Gomez, qui a travaillé pour MSF au camp de réfugiés à Dadaab, au Kenya, de 2009 à 2010. Sans notre intervention, ces personnes n’auraient aucun espoir de recevoir des soins psychiatriques et seraient encore enchaînées aujourd’hui.

    Certaines conditions médicales, comme les fistules obstétricales, peuvent exclure de la société ceux qui en souffrent. La fistule obstétricale, qui est l’une des conséquences les plus graves d’un accouchement compliqué, résulte souvent en un orifice entre le vagin et le rectum par lequel s’écoulent sans cesse l’urine et les selles. Cela se produit surtout dans des régions reculées d’Afrique, où les hôpitaux, les sages-femmes et les soins obstétriques sont rares. En raison des symptômes physiques, elles sont souvent exclues de la société et abandonnées par leurs maris.

    Les réfugiés, les migrants, les demandeurs d'asile

    L’exclusion des soins de santé concerne également les réfugiés, les migrants et les demandeurs d’asile fuyant l’instabilité de leur pays d’origine. Ces derniers sont souvent confrontés à une situation humanitaire critique. En effet, dans de nombreux contextes, l’offre d’une assistance médicale appropriée et immédiate fait défaut et l’on constate une absence de services appropriés de santé mentale. L’intervention de MSF dans les camps de personnes réfugiées ou déplacées consiste d’abord à assurer les besoins vitaux des populations. Elle porte sur l’approvisionnement en eau potable, nourriture et abris. Une fois les besoins vitaux assurés, l’association met en place des programmes médicaux (préventifs et curatifs), ainsi que des programmes nutritionnels et sanitaires.