Melfran Herrera, biologiste pour MSF, dans un marais du Venezuela
Actualité

Rendre MSF plus respectueuse de l’environnement

Le vendredi 5 juin 2026

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Afin d’être plus respectueuse de l’environnement, MSF s’est engagée à réduire son empreinte carbone et environnementale, en diminuant ses émissions de carbone d’au moins 50% d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2019. Au cours des trois dernières années, les équipes de MSF ont mis en œuvre une grande variété de solutions et d’initiatives pour réduire les émissions et les pratiques polluantes dans différents domaines. En cette Journée mondiale de l'environnement, découvrons quelques-unes d'entre elles. 

 

MSF doit-elle faire attention à l’environnement ?  

Oui ! En tant qu’actrice de la santé, nous répondons à la fois aux conséquences sanitaires du changement climatique et de la dégradation de l’environnement, et nous contribuons à ces conséquences dans le cadre de nos activités médicales.  

De l’énergie que nous utilisons pour faire fonctionner les structures de santé au transport des fournitures médicales et du personnel, en passant par l’achat de médicaments et de matériel hospitalier, le pompage de l’eau et la production de déchets, tout cela a un impact sur l’environnement. Ces activités génèrent des émissions de gaz à effet de serre qui provoquent le réchauffement climatique, la pollution de l’air et de l’eau, et affectent la disponibilité de l’eau dans des régions où elle est déjà rare.   

Ces impacts environnementaux ont à leur tour des conséquences sur la santé des populations : on observe des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, tels que des inondations et des cyclones. Ils entraînent également une évolution de l’épidémiologie des maladies comme le paludisme et la dengue, ainsi qu’une augmentation de la malnutrition due aux difficultés de production alimentaire dans un climat plus hostile.  

En tant que professionnels de la santé, nous avons l’obligation éthique de « ne pas nuire » aux personnes et à la planète. Nous nous sommes donc engagé·e·s à prendre des mesures pour réduire notre empreinte environnementale.  

 

Que faut-il pour réduire l’impact environnemental de MSF ? 

Compte tenu de la taille et de la nature de notre organisation, il faudra du temps et des efforts pour changer la manière dont nous dispensons les soins de santé à travers le monde. C’est un long chemin, mais nous restons déterminé·e·s à devenir écologiquement plus durables.  

Nous avons d’abord commencé par mesurer notre empreinte carbone afin de comprendre où nous devions concentrer nos efforts, puis nous avons défini une feuille de route comprenant des actions concrètes ciblant les principaux secteurs émetteurs. Les équipes ont désormais commencé à mettre en œuvre cette feuille de route et ces activités dans le cadre de nos projets sur différents sites.  

Rendre notre organisation plus respectueuse de l'environnement pose de nombreux défis, car la plupart de nos activités médicales se déroulent dans des régions isolées et touchées par des conflits, où l'électricité et l'élimination des déchets dans les règles de sécurité ne sont pas toujours assurées. Répondre aux crises à travers le monde reste notre priorité, et notre organisation ne cesse de se développer alors que nous nous efforçons d'apporter des soins à ceux qui en ont besoin. Nous allons progressivement modifier notre façon de travailler afin de réduire notre empreinte environnementale. Cela sera non seulement bénéfique pour l’environnement, mais renforcera également la résilience de nos activités et améliorera la continuité et la qualité de nos programmes médicaux. 

 

Qu'avons-nous fait jusqu'à présent ? 

Au cours des trois dernières années, les équipes MSF ont mis en œuvre un large éventail de solutions et d’initiatives visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et les pratiques polluantes. Ces actions commencent à porter leurs fruits : 

  1. Renforcer des structures de santé grâce à l'énergie solaire et à l'efficacité énergétique 

En janvier 2026, nous avons installé plus de 92 systèmes d’énergie solaire dans le cadre de nos projets, permettant d’économiser environ 500 000 litres de carburant chaque année. Cela rend les structures de santé plus autonomes et résilientes, car nous ne dépendons plus d’un approvisionnement électrique instable – ce qui est également bénéfique pour les soins prodigués aux patient·e·s. De nombreux projets ont également installé des appareils solaires, dont 26 pompes à eau solaires, 71 chauffe-eaux solaires et 53 climatiseurs solaires. 

Nous isolons également nos pharmacies et nos entrepôts afin de réduire la quantité d'énergie nécessaire à leur fonctionnement, et nous remplaçons les climatiseurs de nos structures de soins par de nouveaux modèles qui consomment jusqu'à 65 % d'énergie en moins.  

 

2. Gérer les déchets médicaux de manière plus responsable 

Aujourd’hui, nous utilisons divers équipements pour mener à bien nos activités médicales à travers le monde. Tout cela génère des déchets. Une grande partie de ces déchets contient ou est composée de plastique : citons par exemple les tentes et le matériel médical à usage unique, tels que les gants, les masques, les kits de vaccination et les emballages de médicaments. Dans de nombreux endroits où nous travaillons, il est difficile de recycler ou d’éliminer correctement ces fournitures.  

Notre objectif est donc avant tout de réduire la production de déchets. Dans la mesure du possible, nous rationaliseronsnotre consommation et nous nous efforcerons d'utiliser du matériel médical réutilisable, issu d'une production plus durable et/ou conditionné de manière minimale. 

Nous nous efforçons également de veiller à ce que les déchets que nous produisons soient éliminés de manière plus responsable. Cela implique la mise en place de bonnes pratiques de gestion des déchets, même dans des situations d’urgence. À la fin de l’année 2025, près de la moitié de nos projets avaient mis en place des plans de gestion des déchets.  

 

3. Faire des choix médicaux plus judicieux pour les patient·e·s et l’environnement 

Partout dans le monde, les systèmes de santé s’appuient fortement sur le matériel à usage unique, et c’est également notre cas. 66 % du matériel médical que nous utilisons dans nos projets sont à usage unique. Nous visons donc à réduire la quantité de ces fournitures et à trouver des produits alternatifs lorsque cela est possible. Cela inclut les masques faciaux et les gants d’examen lorsqu’ils ne sont pas nécessaires.   

Beaucoup de ces fournitures sont également fabriquées en plastique, ce qui est nocif pour les patient·e·s et l’environnement. Nous évaluons les plus de 4 000 articles à usage unique de notre catalogue afin d’identifier ce que nous pouvons changer dès maintenant et de déterminer si nous pouvons demander aux fabricants de modifier leur production.   

Nous étudions également d’autres solutions plus respectueuses de l’environnement et des patient·e·s, comme le recours à des traitements par voie orale (comprimés) plutôt qu’à des perfusions, ce qui est plus confortable pour les patient·e·s et évite l’utilisation de matériel médical à usage unique. Nous souhaitons également lutter contre la prescription excessive de médicaments afin que les patient·e·s ne reçoivent que ceux dont ils ont besoin, ce qui contribuera à réduire les émissions et à générer moins de déchets. Cela permet également de lutter contre la résistance aux antibiotiques.  

 

4. Opter pour des transports plus durables 

Dans les contextes où nous intervenons, nous nous efforçons de rouler moins et mieux en utilisant, dans la mesure du possible, des véhicules moins polluants, en réduisant le nombre de trajets et en formant les conducteur·rice·s à une conduite plus économe en carburant. À la fin de l’année 2025, plus de la moitié de nos projets avaient formé leurs chauffeur·euse·s. Nous assurons également l’entretien des véhicules de manière à réduire la consommation d’huile et de carburant.  

Nous nous efforçons également de réduire les envois inutiles de matériel et de médicaments par avion en améliorant la gestion des stocks et les commandes, dans le but de faire expédier la majeure partie des marchandises par bateau plutôt que par avion.