Des immeubles résidentiels détruits dans le quartier densément peuplé de Dahye, au sud de Beyrouth, Liban, mars 2026.© Maryam Srour/MSF
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Liban : Des personnes se retrouvent privées de soins alors que les attaques israéliennes s'intensifient

Le mercredi 25 mars 2026

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Quatre semaines après la dernière escalade de violence au Liban, les bombardements continus d'Israël et les déplacements forcés qui en résultent affectent gravement la vie des populations et leur accès aux services essentiels, avertit Médecins Sans Frontières (MSF). 

Depuis le 2 mars, les civils sont confrontés à des conditions de plus en plus difficiles, une forte intensification des attaques menées par les forces israéliennes ayant contraint plus d’un million de personnes à fuir leur domicile et entravé leur accès aux soins de santé. Selon le ministère de la Santé, 1 039 personnes ont été tuées entre le 2 et le 23 mars, dont 12 % d’enfants.

Combinées à des attaques terrestres et à des frappes aériennes répétées ciblant les infrastructures civiles, comme les ponts dans le sud du Liban, ces actions isolent effectivement de grandes villes et de nombreux villages situés au sud du fleuve Litani, ainsi que leurs habitants restants, du reste du pays.

Nous sommes préoccupés par la sécurité des civils qui n'ont pas quitté ces zones, que ce soit par choix ou par manque de moyens », a déclaré la Dr Tejshri Shah, directrice générale de MSF, en visite au Liban. 

« Nous appelons à la protection des civils et des structures médicales en tout temps, afin que les populations puissent continuer à accéder aux soins de santé et aux autres services essentiels. »

 

Les ordres d'évacuation, qui concernent au total 14 % du territoire libanais, ont entraîné le déplacement d'une personne sur cinq au Liban. 

Même dans les zones non concernées par les ordres d'évacuation, notamment certaines parties de Beyrouth et du sud du pays, les habitants vivent sous la menace immédiate de frappes aériennes et de drones récurrentes.

Malgré les ordres de déplacement forcé, de nombreuses personnes ont choisi de rester plutôt que d'abandonner leur foyer et leur village, tandis que d'autres n'ont eu d'autre choix en raison de leur vulnérabilité socio-économique ou médicale. Cela a rendu extrêmement difficile leur accès aux soins médicaux, et tout aussi difficile pour le personnel médical et humanitaire de les atteindre.

« Le personnel hospitalier de Nabatiyeh, qui a décidé de continuer à travailler sur place, n'a d'autre choix que de se réfugier à l'intérieur de l'hôpital, d'éviter tout déplacement en voiture et de chercher un endroit sûr », a déclaré la Dr Luna Hammad, coordinatrice médicale de MSF, qui a rendu visite à l'hôpital gouvernemental de Nabatiyeh, l'un des établissements accueillant le plus grand nombre de victimes au Liban aujourd'hui. 

«Ils endurent cela depuis des semaines, avec très peu de repos, portant le poids d'une pression et d'une peur constantes, tandis que les hôpitaux continuent de recevoir des afflux massifs de blessés. »

Plusieurs hôpitaux du sud du Liban restent opérationnels et assurent les premiers soins d'urgence ainsi que l'orientation des patients vers des structures spécialisées. MSF apporte son soutien à ces établissements en leur fournissant du matériel médical, du carburant pour l'électricité et des articles de première nécessité tels que des couvertures et des kits d'hygiène.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), au 23 mars, plus de 63 attaques contre des établissements de soins ont été signalées, 40 agents de santé ont été tués et 91 autres blessés. 

En outre, plus de cinq hôpitaux ont été contraints d'évacuer, et plus de 54 centres de soins de santé primaires à travers le Liban ont dû fermer, limitant davantage l'accès aux services de santé essentiels.

Un patient de 56 ans atteint de leucémie, déplacé de force, qui s'est rendu dans l'une des cliniques mobiles de MSF, a décrit l'impact de l'interruption de ses soins après l'évacuation des hôpitaux : « J'ai fui sans rien et je n'ai nulle part où aller. J'avais espoir d'avoir presque vaincu le cancer. Maintenant, je passe mes nuits sous une tente dans un parc, et je ne sais pas où je trouverai ma prochaine dose de médicaments ni comment je poursuivrai mon traitement. »

Dans certaines zones de Beyrouth, du Mont-Liban, du Sud-Liban, du Nord-Liban et de l'Akkar, les équipes de MSF assurent des soins de santé primaires, orientent les patients vers des spécialistes et leur apportent un soutien pour les aider à poursuivre leur traitement, mais l'accès régulier aux soins spécialisés et aux traitements de longue durée reste perturbé.

À mesure que les bombardements et les déplacements se poursuivent, l'espace permettant aux populations de survivre et aux services de santé de fonctionner se rétrécit jour après jour. 

MSF appelle à la protection des civils et des structures de santé, et à la fin des mesures qui forcent les populations à quitter indéfiniment leur foyer et les coupent de tout traitement.

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