AIDS 2026 : pour la première fois, un traitement révolutionnaire est disponible. Il doit l’être pour TOUS
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Alors que s'ouvre à Rio de Janeiro la 26ème Conférence internationale sur le sida (AIDS 2026), le laboratoire Gilead continue de restreindre l’accès au lenacapavir. Véritable révolution dans la prévention du VIH, ce traitement ne sera pas disponible dans une version générique dans de nombreux pays à revenus intermédiaires, comme le Brésil, où se tient la conférence. C’est pourtant dans ces mêmes pays que le laboratoire a mené les essais cliniques ayant permis la commercialisation du lenacapavir.
Présente au sommet, Médecins Sans Frontières (MSF) appelle le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences à mettre fin à son monopole et à rendre le lenacapavir accessible dans tous les pays à revenu faible et intermédiaire.
Visiter le site web de la campagne MSF Two Shots. $40. Everywhere.
Si le lenacapavir promet une véritable révolution dans la lutte contre l’épidémie, c’est qu’il offre une efficacité proche de 100% pour prévenir l’infection par le VIH. Administré sous forme injectable deux fois par an, il est particulièrement adapté pour les populations stigmatisées et confrontées à de multiples obstacles dans l’accès aux soins, comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les personnes transgenres, les travailleurs et travailleuses du sexe, ou encore les personnes vivant dans des contextes de conflit ou de crise humanitaire. Mais le laboratoire Gilead maintient un prix prohibitif, limite l’approvisionnement du médicament dans de nombreux pays, et refuse de le vendre directement à MSF pour ses programmes médicaux.
Le VIH n’attend pas, alors pourquoi Gilead attend-il ? », déplore Antonio Flores, conseiller VIH pour MSF. « Des millions de personnes qui ont besoin de ce médicament n’y ont toujours pas accès. »
Aujourd’hui, Gilead décide seul qui peut bénéficier du lenacapavir, dans quels pays et à quelles conditions. Aux États-Unis, le laboratoire le commercialise à 28 000 dollars par patient et par an, alors qu’il pourrait être fabriqué pour moins de 40 dollars. Des versions génériques pourraient être disponibles dès l’année prochaine, mais le laboratoire limite le nombre de fabricants et de pays bénéficiaires. Les Etats ayant pourtant contribué au développement clinique du médicament — notamment le Brésil, l’Argentine, le Mexique et le Pérou — sont totalement exclus de cet accord.
« Il est inacceptable que le Brésil ait contribué aux essais cliniques qui ont permis la commercialisation du lenacapavir dans le monde entier, et ses habitants peinent toujours à accéder à ce médicament révolutionnaire », déclare Antonio Flores. « Gilead ne devrait pas être le seul à décider qui peut bénéficier du lenacapavir et qui en est privé. »
Si Gilead continue de maintenir des prix excessifs et de restreindre la production du lenacapavir, il reviendra aux gouvernements d’agir rapidement. Les Etats peuvent en effet recourir aux mesures prévues par l’Organisation mondiale du commerce – notamment l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC/TRIPS). Il autorise les Etats à délivrer des licences obligatoires sur des produits brevetés lorsque la santé publique l’exige, ouvrant ainsi la voie à une production générique plus large.
« Si le laboratoire ne baisse pas immédiatement ses prix et n’élargit pas l’accès au lenacapavir, des gouvernements comme celui du Brésil doivent agir, » poursuit Antonio Flores.
Les outils juridiques internationaux existent pour une raison : protéger la santé publique. Le Brésil les a déjà utilisés par le passé ; il doit les utiliser de nouveau aujourd’hui. »
À l'occasion d'AIDS 2026, MSF poursuit sa campagne internationale pour un accès équitable au lenacapavir et appelle le public à se mobiliser pour mettre fin au monopole de Gilead sur ce médicament. L'organisation animera, le 30 juillet, une session satellite consacrée aux solutions permettant d'accélérer l'accès au lenacapavir dans les pays qui en ont le plus besoin.
« Nous sommes présents à AIDS 2026 avec une demande claire : le lenacapavir doit être accessible dans tous les pays à revenu faible et intermédiaire, à un prix ne dépassant pas 40 dollars par personne et par an », déclare Renata Reis, directrice exécutive de MSF-Brésil. « Depuis des décennies, MSF met en œuvre programmes de prévention du VIH et soigne des personnes vivant avec le VIH/sida à travers le monde.
Nous avons vu les conséquences dramatiques de l’absence d’accès aux traitements antirétroviraux, lorsqu'ils sont vendus à des prix inabordables ou restent tout simplement indisponibles : des milliers de vie sont perdues et des communautés entières en souffrent. Nous ne pouvons pas laisser l’histoire se répéter avec ce médicament essentiel de prévention du VIH. »
MSF a récemment lancé une campagne contre Gilead et encourage le public à s’inscrire pour la rejoindre et exprimer son soutien en faveur d’un meilleur accès au lenacapavir. MSF organisera également une session satellite le 30 juillet dans le cadre de la conférence AIDS 2026, consacrée à l’amélioration de l’accès au lenacapavir.

