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Les fractures complexes, résultant d'accidents de la route ou de blessures par balle ou par couteau, nécessitent généralement au moins un plâtre, souvent un fixateur externe, et parfois une amputation. République centrafricaine. Août 2018. © Elise Mertens

Rapport d'activité 2018 MSF Luxembourg

Bref aperçu de nos actions humanitaires et médicales

Les fractures complexes, résultant d'accidents de la route ou de blessures par balle ou par couteau, nécessitent généralement au moins un plâtre, souvent un fixateur externe, et parfois une amputation. République centrafricaine. Août 2018. © Elise Mertens

Bref aperçu de nos actions humanitaires et médicales

    Indonésie

    L'Indonésie a été frappée par une série de catastrophes naturelles en 2018 : tremblements de terre sur l'île de Lombok en juillet et août ; un tremblement de terre, suivi d'un tsunami à Palu, dans la province de Sulawesi, en septembre ; et finalement l'éruption du Krakatoa, qui a provoqué un tsunami dans le détroit de Sunda, en décembre.

    À Lombok et à Palu, nous avons déployé des équipes d'urgence composées d'experts médicaux, en santé mentale et en eau et assainissement, pour soutenir efficacement la réponse nationale. Pandeglang a été la région du détroit de Sunda la plus touchée par le tsunami. Comme il s'agissait du site de notre nouveau projet de soins de santé pour adolescents, l'équipe a été en mesure d'apporter un soutien immédiat et durable à la réponse locale, en se concentrant sur les soins de santé primaires, le soutien en matière de santé mentale et l'hygiène pour les personnes déplacées.

    Jordanie

    En Jordanie, MSF fournit des soins médicaux aux réfugiés syriens tributaires de l'aide humanitaire pour satisfaire leurs besoins essentiels, ainsi qu'aux populations locales vulnérables.

    L'hôpital de chirurgie reconstructive à Amman soigne les blessés de guerre et les victimes indirectes de violence des pays voisins : Irak, Syrie et les Territoires palestiniens. Il offre des soins intégrés à 200 patients par mois en moyenne, nécessitant de la chirurgie orthopédique, reconstructive et maxillo-faciale. Il comprend aussi de la kinésithérapie et un soutien en santé mentale.

    Depuis 2016, MSF est en mesure d’imprimer en 3D les prothèses des membres supérieurs, essentielles pour permettre à nos patients de retrouver leur intégrité physique et leur autonomie.

    En 2018, nos équipes ont réalisé 1 158 interventions chirurgicales.

    Mexique

    Chaque année, on estime à près de 500 000 le nombre de personnes traversant le Mexique pour tenter de rejoindre les États-Unis. Les politiques répressives et restrictives pour l’octroi de l’asile exposent ces personnes en quête de protection à des niveaux de violence encore plus élevés. Plus encore que la violence qu’elles rencontrent une fois arrivées au Mexique, elles sont contraintes d’utiliser des routes clandestines qui mettent leur vie en danger, en les exposant aux trafiquants d’êtres humains.

    Au Mexique, MSF offre une aide humanitaire aux personnes qui fuient des niveaux de violence intolérables au Salvador, au Honduras et au Guatemala. Nombre d’entre elles ont dû faire face à des enlèvements, des assassinats de leurs proches, des enrôlements par des gangs, des extorsions et des violences sexuelles. Beaucoup craignent la violence ou même la mort, en cas de retour forcé dans leur pays d’origine.

    Selon les données médicales des personnes prises en charge par MSF, 68 % des migrants qui prennent la route ont été victimes d’un épisode violent. Un tiers des femmes ont souffert de violences sexuelles.

    Les données indiquent clairement que les migrants sont particulièrement ciblés et qu’ils endurent des niveaux de violence anormalement élevés.

    Nigéria

    Après 8 années de violents affrontements entre l’armée nigériane et des groupes d’opposition armés, la situation humanitaire dans le pays reste particulièrement critique et continue de se détériorer. Piégées au coeur d’un conflit qui perdure, environ 8 millions de personnes vivant dans le nord-est du Nigéria sont aujourd’hui dépendantes de l’aide humanitaire pour leur survie et près de deux millions de personnes sont déplacées dans la région.

    MSF y fournit essentiellement des soins médicaux primaires et secondaires, des soins nutritionnels et pédiatriques d’urgence, apporte des soins en santé mentale aux communautés touchées par le conflit et traite des pathologies liées aux mauvaises conditions de vie des réfugiés dans les camps, telles que les maladies d’origine hydrique ou des infections respiratoires.

    Déployer de l’aide dans le nord-est du Nigéria, notamment dans l’État de Borno, est un défi quotidien, compte tenu de la situation sécuritaire particulièrement instable et de l’inaccessibilité de certaines régions aux organisations humanitaires.

    En effet, 800 000 personnes vivent dans des zones inaccessibles aux organisations humanitaires. Peu d’éléments sont disponibles sur leurs conditions de vie et leurs besoins. Ce que l’on sait provient des personnes arrivant de ces régions. Une étude épidémiologique menée par MSF en septembre 2018 a montré que 8,2 % des enfants qui étaient arrivés à Bama depuis mai 2018 souffraient de malnutrition aiguë sévère et 20,4 % de malnutrition aiguë : des chiffres bien au-delà du seuil d'urgence. Ces taux alarmants reflètent très probablement des conditions de vie désastreuses et les besoins importants non satisfaits des personnes vivant dans des zones en proie à l’insécurité et où les organisations humanitaires ne peuvent aller.

    ACTIVITÉS DES ÉQUIPES MSF DANS LE NORD-EST DU NIGÉRIA

    ENTRE JANVIER ET OCTOBRE 2018

     

    98 137

    consultations médicales

    31 969

    patients admis à l’hôpital

    5 997

    enfants souffrant de malnutrition soignés en ambulatoire

    6 320

    enfants souffrant de malnutrition sévère admis à l’hôpital

    3 993

    accouchements

    20 699

    consultations anténatales

    332 668

    vaccinations contre le choléra

    7 968

    patients traités contre le choléra

    République centrafricaine

    En République centrafricaine (RCA), les groupes armés contrôlent 70% du pays : la violence continue de frapper une population encore traumatisée par le conflit de 2013 – 2014. De nombreux groupes armés, entre lesquels les alliances peuvent changer rapidement, se disputent le contrôle des ressources et le pouvoir. Les premiers à souffrir de tels conflits sont les populations civiles, qui doivent souvent abandonner leur maison et aller vivre dans des sites de déplacés.

    MSF est un témoin direct des conséquences de ce conflit sur le système de santé déjà fragile du pays. Nos équipes rencontrent des personnes très vulnérables qui ont besoin de soins dans un contexte où le système de santé et de services de base, déjà limité, est complètement saturé.

    MSF travaille en RCA depuis 1997. MSF compte plus de 200 personnels internationaux et 2 000 nationaux travaillant dans le pays. MSF gère onze projets réguliers (à Batangafo, Carnot, Kabo, Paoua, Bria, Bossangoa, Bangassou, Bangui, Bambari et Boguila) et déploie des projets d'urgence en fonction des besoins.

    République démocratique du Congo

    En République démocratique du Congo (RDC), nous répondons aux situations d'urgence et aidons les personnes fuyant la violence et les conflits armés. En 2018, nous avons aussi réagi à deux épidémies d'Ebola, respectivement dans les provinces de l'Équateur et du Nord-Kivu.

    MSF est présente dans 20 des 26 provinces du pays et offre des soins médicaux aux victimes de conflits et de violences, aux personnes déplacées ou encore à celles souffrant d’épidémies ou de pandémies comme le choléra, la rougeole, et le VIH/sida. De plus, des équipes de réponse aux urgences (PUC) se tiennent prêtes à répondre sur l’ensemble du territoire en cas de flambée épidémique, de catastrophe naturelle ou de conflit.

    Dans ce pays, la population a peu accès aux soins de santé et les épidémies sont fréquentes en raison d'une surveillance et d’infrastructures insuffisantes. La violence a provoqué des crises dans les régions du Kivu et du Kasaï et forcé des millions de personnes à fuir.

    Pour ne prendre qu’un exemple, en février, mars et avril, la province de l’Ituri, au nord-est du pays, est touchée par des massacres et des violences extrêmes. L’insécurité provoque des déplacements massifs de populations, qui tentent de trouver refuge à Bunia ou sur l’autre rive du lac Albert, en Ouganda.

    Plus de 57 000 personnes ont traversé le lac Albert pour se réfugier en Ouganda de la mi-décembre 2017 à avril 2018. Les capacités d’accueil en Ouganda ont été débordées par le nombre massif de nouvelles arrivées, et les autorités sanitaires ont confirmé une épidémie de choléra dans la région. 36 personnes au moins en sont mortes, et près de 1 800 cas sévères ont dû être hospitalisés. En plus de la réponse à l’épidémie de choléra, MSF a mené des activités médicales de santé primaire et de vaccination. Manquant d’abris et de nourriture, les réfugiés vivent dans des conditions critiques, en tentant d’oublier les événements traumatisants qu’ils ont vécus.