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Rapport d'activité 2018 MSF Luxembourg

Activités MSF Luxembourg

Activités MSF Luxembourg

    LuxOR - Recherche pour l'action humanitaire

    LuxOR, l'Unité de Recherche Opérationnelle (RO) basée au Luxembourg, a vécu une année stimulante et passionnante en étant confrontée à des défis complexes, tels que le manque d’attention porté aux victimes masculines de violences sexuelles (Cf. étude 1), la fièvre de Lassa en tant que maladie négligée (Cf. étude 2) ou la prise en charge des besoins psychologiques des migrants (Cf. étude 3).

    La RO, la science des meilleures pratiques

    Chaque étude en RO menée par l’équipe LuxOR s’interroge sur les aspects qui fonctionnent bien dans un projet et sur ce qui doit être amélioré. Ces études font l’objet de publications dans des revues scientifiques renommées. En 2018, l’équipe a contribué à la publication de 95 études couvrant 13 thématiques.

    Diversité des publications en 2018 (total=95)

    Retrouvez ces publications sur www.fieldresearch.msf.org

    Traduire les résultats en améliorations concrètes

    Les résultats et recommandations des études permettent d’améliorer les programmes MSF et la qualité des soins prodigués ; par exemple, de mieux adapter la prise en charge de victimes sous-représentées (Cf. étude 1), de mieux se préparer à des épidémies futures (Cf. étude 2) ou de plaider en faveur de l’amélioration des conditions d’accueil et des procédures d’asile (Cf. étude 3).

    LuxOR 2018 EN CHIFFRES

    - UNE ÉQUIPE DE 12 PERSONNES QUI SOUTIENT 65 PROJETS DE RECHERCHE DANS LE MONDE ENTIER

    - 18 VISITES TERRAIN : EN CENTRAFRIQUE, EGYPTE (3), GRÈCE (4), BANGLADESH, CAMBODGE, GUINÉE (2), RDC (2), MAURITANIE, ZIMBABWE, AFRIQUE DU SUD ET BELGIQUE

    - A CO-DIRIGÉ 95 PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES COUVRANT 13 THÉMATIQUES

    - A SOUTENU 6 FORMATIONS EN RECHERCHE OPÉRATIONNELLE AUXQUELLES ONT PARTICIPÉ 51 PERSONNES : EN GRÈCE, KENYA, LIBAN, AFRIQUE DU SUD, SRI LANKA ET OUGANDA

    Zoom sur 3 études RO

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    DÉVELOPPEMENT DE L’ACCÈS AUX SOINS POUR LES VICTIMES MASCULINES DE VIOLENCES SEXUELLES EN AFRIQUE

    MSF assure la prise en charge des victimes tant masculines que féminines de violences sexuelles dans le cadre de bon nombre de ses projets à travers le monde. Les victimes se rendant dans les cliniques MSF bénéficient d’une gamme complète de soins et de services d’assistance : traitement des blessures, prévention des infections, aide juridique, ou encore soutien psychologique et social. Deux études de recherche opérationnelle ont conduit à l’analyse de 13 000 cas de violences sexuelles traités par MSF en Afrique, mettant en évidence des différences fondamentales dans l’accès aux soins, ainsi que dans les caractéristiques des agressions et de leurs auteurs selon le sexe de la victime.

    DES VICTIMES MASCULINES SOUS-REPRÉSENTÉES

    La majorité des victimes de violences sexuelles étant de sexe féminin, la plupart des programmes associés s’adressent aux femmes et aux filles. À titre d’exemple, les cliniques spécialisées dans les violences sexuelles sont parfois directement intégrées au sein des unités mère-enfant.

    Or, 7,5 % des victimes étudiées dans ces études de recherche opérationnelle étaient des hommes ou des garçons, bénéficiant potentiellement d’un nombre restreint de points d’accès aux soins. Le stigmate social qui entoure les violences sexuelles (peur de la féminisation, norme culturelle d’invulnérabilité masculine...) contribue à cette sous-représentation. En outre, le fonctionnement des cliniques – qui peuvent exiger des patients qu’ils révèlent immédiatement qu’ils ont subi des violences sexuelles – dissuade souvent les victimes masculines d’appeler à l’aide.

    Longtemps négligées, les victimes masculines de violences sexuelles bénéficient peu à peu de l’attention dont elles ont besoin, ainsi que de soins plus adaptés.

    PROMOTION DE L’ACCÈS AUX SOINS

    Les deux études révèlent l’importance cruciale d'une entrée neutre sans distinction de sexe pour l’accès aux services de prise en charge des victimes de violences sexuelles : cela encouragerait en effet davantage les victimes masculines à demander de l’aide. Les cliniques doivent veiller à ne pas contraindre les patients à révéler immédiatement qu’ils ont subi des violences sexuelles. Grâce aux campagnes de déstigmatisation et à une conscience accrue de la disponibilité d’une assistance dédiée, les parents et tuteurs des jeunes victimes jouent sans doute un rôle clé en ce qu’ils aident les enfants à bénéficier d’une prise en charge adéquate.

    D’après les conclusions de ces études, il conviendrait de former plus adéquatement le personnel médical, de développer le soutien psychosocial en clinique ainsi que de mener des activités de promotion de la santé au sein des communautés afin que les victimes – quel que soit leur sexe – soient le plus tôt possible identifiées et orientées en vue d’une prise en charge adaptée et spécialisée. Dans le cadre des opérations de MSF et des projets de ses partenaires, les conclusions des études permettent de garantir une prise en charge complète des victimes de violences sexuelles, ainsi que d’améliorer les services.

    Rafael Van den Bergh

    membre de LuxOR

    Nos recherches montrent l’importance de réfléchir sérieusement à l’organisation des services de prise en charge des victimes de violences sexuelles : leur fonctionnement peut déterminer quels patients bénéficient d’une prise en charge et quels patients sont laissés pour compte. Si nous voulons assurer la prise en charge des victimes masculines, nous devons les prendre en compte au moment de l’organisation du service.

     

    La santé sexuelle et reproductive s’intéresse aux questions de bien-être social, mental et physique en lien avec le système reproducteur. Elle englobe de nombreux sujets, des violences sexuelles et sexistes, à l’accès à la contraception, en passant par la sensibilisation aux maladies sexuellement transmissibles (MST) et la prise en charge adéquate des mères et des enfants. À titre d’exemple, dans bon nombre des pays d’intervention de MSF, les taux de mortalité maternelle figurent parmi les plus élevés au monde, mettant en évidence la nécessité d’une couverture accrue des soins essentiels et spécialisés, d’une meilleure compréhension des raisons de cette tendance, ainsi que de l’identification des moyens à la disposition de MSF pour combler cet écart.

    Explorant les aspects scientifiques de la santé sexuelle et reproductive d’un point de vue médical et social, LuxOR organisera à compter de septembre 2019 une formation SORT IT, une formation en recherche opérationnelle dédiée qui aboutira à des résultats scientifiques vers le milieu de l’année 2020.

    2
    LA FIÈVRE DE LASSA, UNE MALADIE NÉGLIGÉE

    En 2018, le Nigéria a connu l’une des pires épidémies de fièvre de Lassa de son histoire. Près de 3 500 suspicions de cas ont été signalées, et 27 % des patients contaminés ont perdu la vie.

    UNE MALADIE INFECTIEUSE DIFFICILE À COMBATTRE

    La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique qui fait des ravages en Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Nigéria, en Sierra Leone, en Guinée, au Libéria, ainsi que dans les pays limitrophes. Le virus se transmet par contact direct avec les urines ou les excréments des souris multimammates, ou avec le sang ou les fluides corporels d’un autre malade. Environ 80 % des patients présentent des symptômes modérément graves, fréquemment mal diagnostiqués. Ils souffrent souvent de fièvre, de douleurs musculaires et au niveau de la poitrine, de vomissements, de diarrhées, de convulsions et de perte auditive. Un tiers des patients développent une surdité pouvant s’avérer permanente.

    MSF s’est associée à l’intervention de lutte contre l’épidémie en mars 2018, et soutient depuis lors le Federal Teaching Hospital d’Abakaliki (FETHA), dans l’État d’Ebonyi, troisième région la plus durement touchée au cours de l’épidémie.

    PRÉVENIR LES INFECTIONS ET MIEUX COMPRENDRE LA FIÈVRE DE LASSA

    Afin d’aider l’État d’Ebonyi à être mieux préparé aux futures épidémies, MSF a contribué au renouvellement des équipements de protection des laboratoires et du personnel médical, fourni des outils et directives de diagnostic et de prise en charge de la maladie, amélioré les normes de prévention et de contrôle de la contamination (p. ex., promotion de l’hygiène des mains), oeuvré à la construction d’un incinérateur permettant d’éliminer en toute sécurité les déchets contaminés à l’hôpital d’Abakaliki, et sensibilisé les communautés au risque de fièvre de Lassa.

    À l’hôpital d’Abakaliki, LuxOR oeuvre à évaluer et à améliorer la manière de collecter de façon systématique et opportune les données essentielles des patients. Comme il n’existe aucun formulaire standard ni aucune base de données permettant de collecter ces informations, il n’est pas possible de recueillir et d’analyser l’ensemble des données nécessaires. Les divers efforts de documentation de la fièvre de Lassa devraient permettre de combler le déficit de connaissances concernant la transmission de la maladie du rat à l’homme, d’obtenir des estimations plus précises des cas de fièvre de Lassa confirmés, mais aussi de favoriser la mise au point d’un vaccin.

    Julita Gil Cuesta

    membre de LuxOR

    En collaboration avec d’autres hôpitaux nigériens et des partenaires nationaux et internationaux, la première étape du programme de recherche sur la fièvre de Lassa mené par MSF dans l’État d’Ebonyi a consisté à lancer une étude visant à identifier quels symptômes cliniques et résultats d’analyses de laboratoire sont associés à la survie des patients contaminés. Cette étude devrait fournir des renseignements précieux qui guideront la conception de futurs essais cliniques.

     

    En situation d’épidémie de maladie infectieuse, il est crucial de diagnostiquer correctement les patients afin de traiter les populations touchées et d’endiguer la pathologie. Pendant l’épidémie de virus Ebola qui a frappé l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016, plusieurs centres de traitement de MSF ont dû, dans un premier temps, recourir à des laboratoires hors site pour diagnostiquer les patients, ce qui a entraîné d’importants retards dans l’identification et le traitement adéquats de la maladie.

    En vue de rationaliser les opérations, MSF a ainsi conçu un laboratoire à l’intérieur d’un conteneur en métal, permettant le diagnostic sur site d’Ebola, ainsi que la réalisation de tests de surveillance hématologique et biochimique pour une meilleure prise en charge des patients. Ces laboratoires aménagés dans des conteneurs peuvent également être employés dans le cadre d’autres épidémies de maladies infectieuses et hautement mortelles nécessitant l’isolation des patients.

    Bénéficiant de l’expérience acquise en Afrique de l’Ouest et soutenu par une étude de recherche opérationnelle qui a documenté cette approche, un prototype de laboratoire mobile similaire a été installé sous une tente lors de l’épidémie de virus Ebola dans la province de l’Équateur (RDC) en 2018.

    3
    PRISE EN CHARGE DES BESOINS PSYCHOLOGIQUES DES MIGRANTS

    Les difficultés du périple, le déplacement prolongé et les conditions de vie inadaptées au sein des camps ou des centres d’accueil installés aux frontières européennes ou dans les pays de destination sont autant de sources potentielles de troubles mentaux pour les migrants et les réfugiés. Une série d’études de recherche opérationnelle nous en apprend plus sur les risques associés et s’intéresse aux défis d’une prise en charge adaptée pour ces personnes.

    DES CAMPS SURPEUPLÉS ET DES SERVICES ABSENTS AUX FRONTIÈRES DE L’EUROPE

    Une étude menée sur l’île de Lesbos en Grèce révèle que les réfugiés vivant dans des camps surpeuplés souffrent de mauvais traitements réguliers ainsi que de stress traumatique permanent (estime de soi anéantie, conditions de vie insalubres et dangereuses, humiliations, manque d’accès aux informations nécessaires à la prise de décisions...). Par ailleurs, les réfugiés et migrants n’ont pas accès à des services de santé mentale adaptés, pourtant d’une importance cruciale. Il est impératif de mettre fin à ce dangereux surpeuplement, ainsi qu’à ces mauvais traitements dans les camps pour améliorer la santé mentale des migrants transitant par la Grèce.

    Bon nombre de migrants et de réfugiés arrivés en Europe ont été victimes de violences, de tortures ou encore de persécution dans leur pays d’origine ou pendant leur périple. Offrir aux victimes de tortures des soins médicaux et psychologiques, ainsi qu’une aide juridique et sociale, est donc indispensable pour prévenir l’apparition de graves pathologies mentales et physiques chroniques. En Italie, LuxOR a contribué à une étude qualitative portant sur l’identification et la prise en charge, par le personnel des centres d’accueil, des victimes de tortures. Ses résultats révèlent un manque de formation et de connaissance des procédures d’identification des victimes de tortures et soulignent le besoin de ressources et services pluridisciplinaires plus spécifiques.

    LES DÉFIS DES RÉGIMES D’ASILE DANS LES PAYS DE DESTINATION

    En Suède, MSF a fourni des services de conseil, des premiers secours psychologiques, ainsi que d’autres formes de soutien psychosocial au sein de centres d’accueil et de structures d’hébergement pour demandeurs d’asile. Une étude y a révélé la présence fréquente de symptômes de dépression et de traumatismes non résolus chez les demandeurs d’asile nouvellement arrivés, ainsi que chez les personnes en demande d’asile depuis longtemps. En Belgique, une étude similaire explore certains risques découlant des conditions d’accueil post-migration : réduction de l’autonomie personnelle, limitation du bien-être, difficultés d’intégration dans la communauté au sens large.

    Les résultats et recommandations issus de l’ensemble des études sont appliqués en permanence pour renforcer les projets de MSF aux frontières européennes et dans les pays de destination, ainsi que pour plaider en faveur de l’amélioration des conditions d’accueil et procédures d’asile.

    Emilie Venables

    membre de LuxOR

    MSF mène de plus en plus d’études qualitatives auprès des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile en Europe pour en savoir plus sur les populations soutenues par l’organisation. Une étude à Athènes explore actuellement la perception et les expériences de réhabilitation des victimes de tortures provenant de RDC. Elle vise notamment à comprendre le rôle potentiel des communautés locales dans le cadre de la réhabilitation.

     

     

    Sur l’île de Nauru, au nord-ouest de la côte australienne, MSF a commencé à fournir un soutien psychologique aux réfugiés, demandeurs d’asile et nationaux en 2017. Après avoir été forcée par le gouvernement nauruan à quitter l’île, MSF a publié un rapport sur la souffrance mentale extrême à Nauru, où des demandeurs d’asile et réfugiés demeurent bloqués en raison de la politique australienne de détention extraterritoriale à durée indéterminée. LuxOR a contribué à l’analyse scientifique des données médicales, mettant en évidence des taux élevés de pensées suicidaires et tentatives de suicide, ainsi que des troubles mentaux en constante détérioration chez les patients compte tenu de la situation de l’île et des conditions de vie qu’elle offre.

    Aperçu d'autres activités de l'année

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    De janvier à décembre

    L’ENGAGEMENT DES BÉNÉVOLES

    UN IMMENSE MERCI À CHACUN DE NOS BÉNÉVOLES !
    À l’occasion de la publication de ce rapport, nous tenons à remercier chaleureusement toute notre équipe de bénévoles, qui s’engagent au quotidien pour nous soutenir dans nos actions. Ils apportent leur support à MSF au travers de leur investissement sans faille, en faisant partie de notre conseil d’administration, en mettant à jour nos bases de données, en participant à l’envoi de courrier, en étant à nos côtés à l’occasion de l’ING Night Marathon, en assurant la traduction de certains textes,… et bien d’autres missions encore. Un immense merci à cette équipe de choc qui nous entoure !

    TOUT AU LONG DE L'ANNÉE...DES SUPPORTERS MOTIVÉS

    En juillet, Lis Fautsch a représenté le Luxembourg aux Championnats du monde d’escrime à Wuxi, en Chine. Un événement auquel elle a souhaité associer MSF Luxembourg en relevant le MSF Solidarity Challenge afin d’allier compétition et solidarité !
    © MSF
    © MSF
    Salomon s’est lancé le défi de marcher quotidiennement 25 km pendant 40 jours pour relever le MSF Solidarity Challenge. Son objectif : que ces 1 000 km à pied lui permettent de collecter 1 000 € en faveur de MSF. Mission réussie !
    Après 180 jours, Anthony Jouannic est arrivé au bout des 4 275 km du « Pacific Crest Trail ». Une véritable aventure durant laquelle il a aussi souhaité relever le MSF Solidarity Challenge !
    © MSF
    © MSF
    De son côté, la société Seezam a profité de sa participation à la Siggy’s Cup pour soutenir MSF en collectant des dons et en portant fièrement nos couleurs !

    MERCI À CHACUN DE NOS SUPPORTERS POUR LEUR FORMIDABLE ENGAGEMENT. ET VOUS, QUEL SERA VOTRE DÉFI POUR LE MSF SOLIDARITY CHALLENGE ?

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    En janvier

    EN IRAK, LA SITUATION SÉCURITAIRE DEMEURE TRÈS FRAGILE

    Tout au long de l’année, les expatriés luxembourgeois contribuent au travail de MSF sur le terrain. Enzo Cichirrillo était coordinateur terrain à Mosssoul en Irak d’octobre 2017 à mars 2018. Depuis que Mossoul-Ouest a été reprise des mains du groupe État islamique (EI) en juillet 2017, ses habitants ont commencé à regagner la ville. Mais les maisons, les infrastructures et les services ont été presque entièrement détruits.
    Un garçon, qui a été éjecté d'une voiture, est soigné par des médecins MSF à l'hôpital de Mossoul-Ouest. © Louise Annaud

    L’hôpital MSF de Mossoul-Ouest est l’un des deux seuls hôpitaux fonctionnels dans cette partie de la ville et il est exploité 24 h/24 afin de répondre à la demande. Lors de la reprise de Mossoul, la première phase de notre intervention était axée sur les blessés de guerre. Aujourd’hui, dans le Mossoul d’après conflit, notre intervention s’est transformée en un service plus classique pour la communauté. Chaque mois, nous avons accompagné 400 accouchements, effectué 120 opérations chirurgicales et admis plus de 2 000 patients dans notre service d’urgences.

    Enzo Cicchirillo

    coordinateur terrain MSF en Irak pendant six mois

    En cette période de reconstruction de Mossoul, tandis que les structures de santé sont lentement relancées, mais souffrent toujours d’une pénurie de ressources essentielles, MSF joue un rôle important : celui de fournir gratuitement des services de santé de qualité aux populations les plus vulnérables.

     

    3
    En mars

    « QUAND ON A UN LIT À OFFRIR POUR LA NUIT, ON L’OFFRE »

    © Christophe Hebting
    De passage au Luxembourg, Rony Brauman, Président de MSF entre 1982 et 1994 et aujourd’hui membre du Crash (Centre de réflexion sur l’action et les savoirs humanitaires), a partagé ses réflexions sur l’action humanitaire au cours d’une conférence intitulée « Agir à tout prix » le 8 mars (conférence organisée par la fédération des jeunes dirigeants d’entreprise de Luxembourg) et le lendemain avec des journalistes.

    Rony Brauman

    membre du Crash (Centre de réflexion sur l'action et les savoirs humanitaires)

    Les humanitaires font ce qu’ils peuvent, là où ils le peuvent. Ce que l’on peut attendre d’eux, c’est qu’ils le fassent avec énergie et discernement. (…) Avec la médecine, il s’agit de construire une forme d’action qui peut rendre service sur un modèle inspiré du poème de Bertolt Brecht Gîtes pour la nuit : quand on a un lit à offrir pour la nuit, on l’offre. Cela ne veut pas dire que l’on va résoudre la question des sans-abri, mais au moins aura-t-on agi et quelqu’un en aura tiré profit. Pour MSF, en l’occurrence, ce sont des patients à qui parfois on donne un coup de main décisif, voire vital.


     

    4
    En avril

    PARTAGER LES CONNAISSANCES

    Partager les connaissances et les résultats des études au grand public fait partie intégrante de la recherche. En avril 2018, Samuel Sieber, Policy, Practice, & Communication Advisor a donné une conférence TEDx à Luxembourg pour exposer l’importance de passer de la recherche opérationnelle à des changements tangibles, et a démontré comment une analyse scientifique, associée à une réflexion critique, peut avoir un impact sur le terrain.
    © MSF

    Samuel Sieber

    membre de LuxOR

    La recherche doit être motivée par et cibler des problèmes concrets, comme les défis que nous rencontrons réellement dans nos programmes.

    Après, il faut partager les résultats de la recherche auprès du grand public en les traduisant dans un langage simple et les promouvoir sans relâche.

     

    5
    En mai

    Assemblée Générale

    © Christophe Hebting
    La 32ème Assemblée Générale de MSF Luxembourg a rassemblé 57 personnes le samedi 5 mai 2018, autour de deux thématiques principales : la réponse humanitaire d’urgence à la crise des réfugiés rohingyas et le travail de LuxOR au travers de quatre grandes questions (les défis rencontrés sur le terrain, le choix de l’analyse et de la méthode, la publication et la diffusion des résultats et les impacts aux niveaux des politiques et pratiques de santé). Au cours de la partie statutaire, le rapport moral, le rapport d’activités et le rapport financier ont été présentés et approuvés par les membres de l’association. À la fin de cette édition, l’association compte 99 membres et 9 membres du Conseil d’Administration dont le président, le Dr Guy Berchem.

    ING NIGHT MARATHON LUXEMBOURG

    Depuis 2012, MSF Luxembourg est partenaire humanitaire officiel de l’ING Night Marathon. Merci à tous ceux qui ont porté notre maillot pour l’occasion et permis de collecter 26 450 € au profit, cette année, de l’hôpital MSF Nap Kenbé à Haïti. Pour cette édition 2018, 29 coureurs individuels et 41 coureurs en entreprises (L.S.C. Engineering Group S.A, Seezam, Tralux, BNY Mellon) ont participé à cet élan de générosité.
    © MSF
    © MSF
    Et pour la deuxième année consécutive, Gabriel et sa famille ont relevé le MSF Solidarity Challenge lors de l’ING Night Marathon Luxembourg. Cette fois, sa petite soeur Nuria était elle aussi sur les starting blocks !
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    En juin

    JOURNÉE DE LA RECHERCHE OPÉRATIONNELLE À BRUXELLES

    Le 1 juin 2018, le 7ème OR Day - ou « Journée de la Recherche Opérationnelle» - s'est déroulé à Bruxelles et a abordé différents sujets, à travers 12 présentations et 4 tables rondes. La journée était dédiée à l'échange des derniers résultats de la Recherche Opérationnelle et ouvert à la discussion sur les différentes manières de les traduire en changements pratiques et politiques. L'accent a été mis en particulier sur la prise en charge des migrants, des réfugiés et des victimes de violences sexuelles, sur les derniers résultats des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose au Malawi et au Mozambique, ainsi que sur les maladies infectieuses et non-transmissibles.
    © Christophe Hebting
    7
    En octobre

    PRISE EN CHARGE DE PATIENTS ATTEINTS DE MALADIES NON TRANSMISSIBLES EN MAURITANIE

    Vue sur une partie du camp de Mbéra dans le sud-est de la Mauritanie. Août 2018, Mauritanie. © Nyani Quarmyne
    Les membres de l’équipe LuxOR se déplacent tout au long de l’année sur le terrain afin d’apporter leur expertise au coeur des urgences opérationnelles. Ici en Mauritanie. En Mauritanie, MSF a continué à fournir des soins médicaux d'urgence aux réfugiés maliens et aux communautés d’accueil jusqu'en décembre 2018.

    MSF a commencé à travailler en Mauritanie en 2012, lorsque des milliers de personnes ont fui le conflit dans le nord du Mali et se sont installées dans le camp de Mbéra, à la frontière entre les deux pays. Le camp accueille actuellement toujours plus de 50 000 réfugiés.
    Nos équipes ont fourni une assistance médicale dans le camp de Mbéra, comprenant des soins prénatals et postnatals, la planification familiale, l'obstétrique et la néonatalogie, le traitement des maladies chroniques et infectieuses et le soutien nutritionnel. Nous avons également fourni des soins aux communautés locales voisines du camp de réfugiés.

    Anita Williams, Operational Research Support Officer pour MSF, qui agit en qualité de référent LuxOR pour les maladies non transmissibles (NCD), a rendu visite aux équipes MSF qui travaillent dans ce camp de réfugiés. Elle a contribué à mettre en place une base de données qui servira pour son prochain projet de recherche opérationnelle ; l’objectif de cette base de données étant de recueillir les données thérapeutiques des patients atteints de NCD, comme l’hypertension ou le diabète.

    Anita Williams

    membre de LuxOR

    LuxOR a été chargé d'évaluer le programme NCD du camp de Mbéra et de documenter les NCD au sein de la communauté, car les réfugiés délaissent leur mode de vie nomade pour un mode de vie sédentaire à leur arrivée au camp. La plupart des réfugiés du camp de Mbéra appartiennent au groupe ethnique des Touaregs, un peuple traditionnellement nomade. Ces six dernières années, ils se sont de plus en plus sédentarisés et leurs habitudes de vie et régime alimentaire ont ainsi connu de profondes modifications. (…)

    Afin de pouvoir traiter les NCD de manière efficace, les patients doivent régulièrement se rendre à la clinique pour le suivi de leur maladie. Notre projet de recherche a pour objectif d’évaluer l’efficacité de la clinique en analysant les tendances en matière d'hypertension et de glycémie au fil du temps et d'évaluer combien de patients ne reviennent pas en consultation.

     

    UN CONGRÈS AU CANADA

    En octobre 2018, lors du Congrès mondial d'orthopédie SICOT à Montréal au Canada, Engy Ali, chercheuse pour LuxOR, décrit l’utilisation de fixations externes dans un pays à faible revenu, au travers de l’étude de recherche opérationnelle du Centre de traumatologie chirurgicale et d'urgence de MSF à Tabarre en Haïti. Ce congrès est l’un des rassemblements orthopédiques les plus réputés dans le monde et il est important pour LuxOR de pouvoir présenter les résultats de ses recherches à la communauté scientifique mondiale. Cette étude illustre la faisabilité d'interventions chirurgicales complexes et la mise en place de soins de traumatologie de qualité, dans un pays à faible revenu et touché par la violence urbaine.
    Engy Ali, chercheuse pour LuxOR, et Innocent Nyaruhirira, conseiller en chirurgie orthopédique pour MSF, au Congrès SICOT au Canada © MSF
    8
    Novembre

    RÉUNION D'INFORMATION MISSION TERRAIN

    © Gwenn Dubourthoumieu
    Comme chaque trimestre, une réunion a été organisée dans les bureaux de MSF à Luxembourg afin d’informer les candidats intéressés par une mission humanitaire. Ces réunions sont l’occasion de présenter les profils recherchés par MSF, les opportunités professionnelles, les conditions de travail sur le terrain, les critères de recrutement, etc. Réaliser une mission humanitaire est un projet qui se mûrit et se prépare plusieurs mois à l’avance.

    Si vous aussi, vous souhaitez rejoindre les équipes de Médecins Sans Frontières sur le terrain, suivez-nous sur LinkedIn ou sur msf.lu pour connaître les prochaines dates de réunion, ou écrivez à catherine.jager@luxembourg.msf.org.

    9
    En décembre

    TÉMOIGNER DE LA FORCE DU LEGS

    En fin d’année, dans la poursuite de notre campagne sur le legs « Je ne suis pas un héros », une vidéo d’information a été diffusée à ce sujet sur notre site et les réseaux sociaux. Celle-ci est la première d’une série de témoignages à découvrir au fil des mois, afin d’illustrer combien le choix d’inclure MSF dans son testament permet de soutenir nos équipes et sauver des vies. Plus d’infos sur www.echsikeenheld.lu
    © Wili

    PARTAGER LES CONNAISSANCES

    Katie Whitehouse, à Chamonix en décembre pendant un TEDx. © MSF
    Dans sa conférence TEDx à Chamonix en décembre 2018, Katie Whitehouse, chercheuse qualitative, s’est appuyée sur son travail dans un hôpital au Soudan du sud, une clinique VIH au Myanmar et une clinique au coeur de la jungle en République démocratique du Congo (RDC), pour démontrer que bien que chaque contexte soit unique, il existe un point commun : la communication. Celle-ci est primordiale à tous les niveaux, que ce soient les échanges entre les patients et le personnel de santé ou ceux entre les chercheurs et la population étudiée.

    Katie Whitehouse

    membre de LuxOR

    Même si la majeure partie de notre travail est basée sur des chiffres, des ratios, des pourcentages, ou des proportions, ils ne nous révèlent pas toujours ce que nous avons besoin de savoir. Interpréter ces données requiert parfois d’interroger la population de différentes façons, de l’écouter, d’être attentif à la façon dont elle répond et voir ce qu'il se passe.

     

    ENCOURAGER NOS ÉQUIPES

    Nous avons incité, via une campagne digitale, la population luxembourgeoise à encourager Tessy Fautsch, notre coordinatrice médicale présente sur le terrain au Bangladesh pendant la période des fêtes de fin d’année.

    Continuez votre formidable action. Je vous souhaite une bonne année à vous et aux équipes MSF.

    Bravo pour votre travail ! J’espère que vous inspirerez de jeunes personnes. Mes meilleurs voeux pour la nouvelle année. Félicitations pour votre engagement depuis des années.

    Quelle force pour toujours recommencer et ne jamais perdre courage. Que l'année 2019 vous réserve de nombreux moments de bonheur, malgré la misère qui vous entoure!

    Tessy Fautsch

    coordinatrice médicale MSF dans le district de Cox’s Bazar au Bangladesh

    Un grand merci, c’est très sympa de m’envoyer ces messages d’encouragements. C’est bien de voir qu’il y a des personnes intéressées et ça me donne une motivation, pour moi et pour l’équipe, de voir qu’il y a des gens qui pensent à nous.