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Mapathons

Lorsque les équipes de MSF arrivent dans une zone sinistrée, elles font face à de nombreux défis. L’une des difficultés auxquelles on ne pense pas, est l'absence de cartes répertoriant des informations pertinentes, comme les routes, les points d'eau potable ou les bâtiments importants. Or, pour fournir une réponse appropriée et efficace, les équipes de MSF ont besoin de cartes précises.
On Thursday, September 22, 2018, about 220 people from all over the world mapped different parts of Masisi in the Democratic Republic of Congo. © Bruno De Cock/MSF
    Répondre aux urgences de façon efficace : cartographier les zones d’intervention

    Selon Juan José Arévalo, coordinateur des Systèmes d'Information Géographique (SIG) de MSF, les cartes sont l'un des meilleurs outils pour combattre (et comprendre) les épidémies : un regard sur une carte peut fournir beaucoup plus que la lecture des données épidémiologiques dans un tableau. Elles sont également vitales pour les campagnes de vaccination, car elles confirment la localisation des routes et, plus important encore, la façon dont elles peuvent être parcourues. « Certaines routes ne sont praticables qu’en moto, d’autres, en voiture et parfois, certaines zones ne sont accessibles qu’en bateau », explique Juan José Arévalo.

    Au sein de MSF, l’unité SIG (Système d’Information Géographique) est aujourd'hui devenue un outil important pour la prise de décision, la planification, la communication et le soutien aux opérations pour tout le mouvement. Répertorier la combinaison de plusieurs sources d'information sur une même carte permet aux équipes d'apprécier l'étendue de l'urgence, de planifier les besoins logistiques, d'optimiser la surveillance épidémiologique, et d’assurer la coordination avec d'autres organisations.

    Parmi les exemples récents de telles situations d'urgence, on peut citer le cyclone Idai en Afrique australe, où il a fallu fournir rapidement des cartes détaillées aux logisticiens et aux épidémiologistes, ou bien encore la République démocratique du Congo, avec une épidémie soudaine d'Ebola qui a nécessité une identification rapide des zones touchées.

    Cyclone Idai: l'utilité des cartes

    Le projet Missing Maps

    C’est pour pallier au manque de cartes, que plusieurs organisations humanitaires, dont Médecins Sans Frontières, et l'équipe humanitaire OpenStreetMap (OSM), ont décidé de créer Missing Maps en 2014.

    Missing Maps est un projet humanitaire qui cartographie de manière préventive les régions du monde vulnérables aux catastrophes naturelles, aux conflits et aux épidémies. 

    L'objectif principal de l’initiative est de fournir aux ONG internationales des cartes et des données à jour pour mieux répondre aux zones touchées par les crises, comme par exemple les routes d'accès aux villages et aux centres de soins de santé.

    Missing Maps regroupe une grande communauté de bénévoles à travers le monde, qui se servent d’Open Street Map, une base de données topographique ouverte et libre, construite collectivement par ces bénévoles, avec des procédures de validation et de contrôle de la qualité. On travaille à partir d’une photographie aérienne ou d’une image satellite et on dessine les bâtiments, les cours d’eau, l’occupation des sols, tout ce que l’on veut cartographier. Une fois que l’on a vectorisé l’entité, on peut saisir ses attributs détaillés (« zone commerciale », « village », « route bitumée », etc.).

    Les équipes des SIG collaborent de façon très étroite avec la communauté Missing Maps, qui a eu un impact incroyable sur le travail de l’unité de SIG, surtout en période de crise, où la rapidité d'intervention est très importante.

    Qu’est-ce qu’un mapathon ?

    Un mapathon est un atelier de cartographie collective : un groupe de bénévoles se donne rendez-vous pendant 3h pour enrichir la cartographie d’une zone définie.

    Les mapathons peuvent être très simples et accessibles aux débutants: tracer les routes, des cours d’eau, ou le contour de bâtiments, sans plus de détail.

    Les participants cartographient à partir de photographies aériennes en identifiant un maximum d’entités. Ces données sont validées par des utilisateurs expérimentés d’OSM. Pour finir, ce sont nos équipes sur le terrain qui vont rajouter les détails (type de bâtiment, qualité de la route, etc.).

    De cette façon, ce qui était une image satellite sans information supplémentaire devient une carte complète de la région, grâce à l'aide des bénévoles.  

    Au total, selon le site web Missing Maps, près de 80 000 personnes ont permis de localiser environ 40 millions de bâtiments et plus d'un million de kilomètres de routes et chemins. 

    En résumé, n’importe qui peut participer à la cartographie du monde grâce à Open StreetMap, avec un ordinateur et une connexion internet. Il suffit de se créer un compte sur OpenStreetMap. 

    Venez apporter votre contribution : participez aux mapathons organisés par MSF Luxembourg

    Vous souhaitez vous impliquer directement dans la réponse humanitaire de MSF ? Alors rejoignez-nous lors des mapathons organisés tout au long de l’année.