06.08.2007 11:25

L'Inde reste la "pharmacie des pays en développement"

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06/08/2007 - La décision historique rendue par la Haute Cour de Chennai de maintenir la loi indienne sur les brevets, contestée par l’entreprise pharmaceutique suisse Novartis, est une réelle victoire pour l'accès des pays en développement à des médicaments abordables. C'est ce qu'a déclaré aujourd'hui l’organisation médicale internationale humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF).

«Cette décision est un immense soulagement pour les millions de patients et les médecins des pays en développement qui dépendent des médicaments abordables produits en Inde», a déclaré le Dr Tido von Schoen-Angerer, directeur de la campagne MSF d’accès aux médicaments essentiels. «Grâce à la décision du tribunal, il est improbable que des brevets soient octroyés en Inde sur des médicaments dont nous avons désespérément besoin. Aussi, nous lançons un appel à l’industrie pharmaceutique et aux pays riches pour qu’ils acceptent la loi indienne sur les brevets et qu’ils arrêtent de faire pression sur les pays producteurs de médicaments en vue d’un renforcement de leur système de brevet.»

En 2005, l’Inde avait voté une loi qui prévoyait de ne plus octroyer de brevets pour des médicaments n’offrant pas de réelles innovations, dont notamment une série de médicaments contre le SIDA. L’année dernière, Novartis avait intenté un procès contre le gouvernement indien et cette loi de 2005 en prétendant qu’elle ne respectait pas les règles établies par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et violait la Constitution indienne. Selon nos informations, toutes les plaintes de Novartis ont été rejetées par la Haute Cour aujourd’hui.

Les gouvernements des pays en développement et des agences internationales comme l’UNICEF et la Fondation Clinton comptent sur l’importation de médicaments essentiels fabriqués en Inde. Les entreprises indiennes fournissent 84% des antirétroviraux utilisés par MSF pour soigner ses patients dans le monde entier. Il est donc important que l’Inde puisse rester la «pharmacie des pays en développement».

Au total, près de 500.000 personnes dans le monde entier avaient signé une pétition demandant à Novartis d’abandonner son action en justice en raison des conséquences désastreuses sur l'accès aux médicaments essentiels. D'éminentes personnalités ont également signé cette pétition, parmi lesquelles l’Archevêque Desmond Tutu, le Directeur du Fonds mondial Michel Kazatchkine, l’ancien envoyé spécial des NU pour le sida en Afrique Stephen Lewis, le Ministre indien de la Santé Anbumani Ramadoss, des parlementaires européens et des membres du Congrès américain ou encore les auteurs John le Carré et Naomi Klein.

MSF remercie les 420.000 personnes dans le monde entier qui ont signé la pétition, dont 595 au Luxembourg.